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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 05:47






Mercredi soir, 19 heures, devant le centre social du Grain de soleil à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), Mounir Satouri, le directeur, portable collé à l'oreille, s'impatiente. "Dati ne vient pas", lâche-t-il. A l'intérieur, on a disposé des sodas et des gâteaux secs. "Au départ, on avait pensé à un repas, explique-t-il, on nous avait dit que l'agenda de la ministre était trop serré. Mais de là à ne pas la voir du tout..."

 

 

A quelques mètres de là, Pierre Cardo, le député UMP vice-président de la communauté de communes, est en conciliabule avec son équipe. "J'ai déjeuné avec elle à midi, elle ne m'a même pas prévenu. Je vais aller m'excuser auprès de ceux qui l'attendent depuis des heures", grommelle, mâchoire serrée, l'ancien maire de Chanteloup. Il n'est pas au bout de ses peines. Quelques heures plus tard, c'est devant les militants et des sympathisants de l'UMP d'Andrésy qu'il va devoir renouveler l'exercice.

 

Dans les deux communes des Yvelines, l'une populaire, l'autre bourgeoise, la ministre de la Justice était attendue avec la même gourmandise. "Vous en connaissez beaucoup des filles de chez nous qui ont un tel parcours?" demande une mère de famille marocaine devant le centre social. "C'est tout de même une ministre moderne, elle change l'image du mouvement", renchérit en écho une militante, blonde et étudiante, des Jeunes populaires. Si Rachida Dati a posé un lapin à ses fans, c'est que la ministre a senti passer le vent du boulet. Lundi matin, les deux principaux syndicats de surveillants pénitentiaires devraient signer un protocole d'accord avec le ministère de la Justice. La création de 177 postes supplémentaires de gardien a permis d'enrayer la crise. In extremis.

 

Depuis l'automne, lorsque le chef de l'Etat avait dû recevoir à l'Elysée les syndicats de la magistrature pour calmer la colère des juges contre leur ministre, elle n'avait pas connu de semaine aussi périlleuse. La violence du mouvement des gardiens de prison a bien failli réduire à néant les efforts qu'elle a entrepris depuis des mois pour restaurer son image. Au début du mois de janvier, après la naissance de sa fille, elle s'était imposé une cure de silence médiatique. Puis, sur les conseils d'une pro de la communication de crise, Anne Méaux, elle a repris progressivement la parole. Elle voulait éviter à tout prix un départ anticipé du gouvernement qui aurait donné l'impression qu'elle était congédiée pour incompétence, exilée au Parlement européen.

 

Un public beaucoup plus large que celui des quartiers

 

Chahutée au Sénat sur la loi pénitentiaire, elle a tenu bon. Paradoxalement, le succès des livres -pourtant très à charge- qui lui ont été consacrés et la campagne européenne -qu'elle a entamée sans envie- lui ont redonné foi en sa popularité. Devant ses amis, elle raconte que son colistier, Michel Barnier, joue le jeu... jusqu'à tenir l'appareil photo quand un admirateur de Rachida réclame un cliché souvenir. Car aujourd'hui, Rachida Dati sait qu'elle a un public beaucoup plus large que celui des quartiers. Il y a quelques mois, au creux de la vague, elle comptait s'appuyer sur ses réseaux de la diversité pour rester dans le jeu et prouver son utilité politique à Nicolas Sarkozy: elle nourrissait le projet de créer une association "pour la citoyenneté destinée aux jeunes et aux femmes de banlieue". Aujourd'hui, elle voit plus grand et mise sur un club de réflexion "généraliste".

 

Le conflit des prisons a failli briser cet élan. A quelques semaines de son départ du gouvernement, le président de la République ne lui aurait pas pardonné une crise majeure dans son ministère. Le 30 avril, lorsqu'elle est rentrée de Varsovie, où elle participait à une réunion du Parti populaire européen (PPE) avec François Fillon, elle n'avait pas pris la mesure de la grogne. "Elle nous a reçus deux heures et ne voulait rien lâcher", se souvient Jean-François Forget, de l'Ufap, l'un des principaux syndicats pénitentiaires. Puis le calendrier ministériel et personnel de Rachida Dati s'est accéléré.

 

Samedi 2 mai, elle doit quitter précipitamment le mariage de Jean d'Orléans à Senlis pour se rendre aux urgences pédiatriques de Necker avec sa fille fiévreuse; dimanche soir, elle s'envole pour la Jordanie en visite officielle. Mardi matin, lorsqu'elle reçoit de nouveau les syndicats de surveillants, la garde des Sceaux saisit l'étendue des dégâts. Le dialogue entre les organisations de gardiens de prison et le directeur de l'administration centrale est rompu, il faudra à Rachida Dati une nuit de négociations serrées pour apaiser l'incendie. Et montrer qu'elle peut maîtriser ses dossiers.

 




Source  :  jdd.fr   10-05-2009

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