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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 17:29




Dans ces temps difficiles ou chacun se pose des questions sur son avenir ou sur l'avenir de ses enfants, d'autres n'ont même plus ce choix là; ils vivent au jour le jour, se débattent ,avec les difficultés et "improvisent" leur vie en fonction des circonstances. D'autres encore, aidés par la chance ou par leur travail ou bien parce qu'ils se trouvent encore dans le bon créneau, parviennent à maintenir leur pouvoir d'achat, souvent avec beaucoup de mal.
En choisissant des exemples représentatifs de notre société, le site "Eco89" a eu l'idée de passer "aux rayons X" les porte-monnaies de Français, que nous cotoyons tous les jours, sans bien savoir leurs problèmes




Frédéric vend des voitures à Pau depuis 1994. Employé par un concessionnaire Opel indépendant, il est responsable du parc occasion. Alors que la crise dans le secteur automobile continue de faire des ravages, il a accepté de passer son porte-monnaie au rayon X.


 

Revenus : autour de 2 800 € par mois



« Conseiller commercial » est l'intitulé exact de sa fonction. Frédéric, 39 ans, vend des voitures d'occasion à Pau. Un métier dont il parle avec passion :
« J'aime beaucoup les voitures et comme je ne sais ni les concevoir, ni les réparer, je ne peux que les vendre. J'aime mon travail, même s'il demande énormément d'investissement. J'ai d'excellentes conditions de travail. Je me sens privilégié. »

 

Après un BTS « Force de vente » et quinze ans d'expérience, Frédéric touche environ 2 800 euros net par mois. Son salaire est variable d'un mois à l'autre.

 

Le fixe mensuel est très bas : 900 euros bruts. La part variable, qui constitue l'essentiel de son salaire, dépend des commissions à la vente qu'il touche : « Sur 2008, mon plus bas salaire a été de 1 700 euros, et le plus élevé de 5 800 euros. Ce dernier salaire est lié aux primes qui tombaient à ce moment-là. L'absence de salaire fixe décourage un peu les aspirants à ce métier mais moi, je m'estime bien payé. »

 

Frédéric dispose d'une voiture de fonction :  « Je l'utilise tout le temps, y compris le week-end et les vacances. Pas d'assurances, ni de réparations à ma charge donc. »

 

 

Les commissions : entre 0,7% et 2% du prix de la voiture


 

Lorsqu'un client achète une voiture d'occasion, Frédéric est rémunéré selon le prix de vente de la voiture. Au minimum, il touche 0,7% de son prix ; au maximum 2%.

 

S'il parvient à vivre correctement de son travail parce qu'il est bon vendeur, Frédéric a plus de mal avec l'un de ses objectifs, signifié par contrat : pousser les clients à prendre des crédits.

 

« J'ai un objectif contractuel de financement. Je dois faire environ 50 000 euros de financement tous les mois. Je ne suis pas très performant… Avec mes idées, ça me pose un problème de vendre un crédit à des gens qui n'ont pas les moyens. Ça a beau être légal, les taux restent élevés et le système reste opaque. »

 

Pour Frédéric, il n'y a pas de recette miracle pour vendre, si ce n'est qu'il faut tendre à « vendre mieux » plutôt qu'à « vendre plus » : « Plutôt que de vendre beaucoup de voitures à bas prix, il vaut mieux en vendre moins mais à bon prix On ne gagne pas tellement à brader… même si tout le monde fait ça en ce moment. »

 

 

La crise ? Quelle crise ?


 

Depuis le mois d'octobre, chômage technique et licenciements se multiplient dans le milieu automobile, mais Frédéric ne semble pas préoccupé par ce qui ne semble pas être « sa » crise : « Il paraît qu'il y a une crise, mais non, je ne me plains pas. Depuis l'été 2008, les voitures d'occasions ne sont pas particulièrement touchées. Sauf peut-être les occasions récentes, qui se vendent moins, parce que les prix sont sensiblement les mêmes que ceux du neuf. Les constructeurs bradent. Mais il est trop tôt pour savoir si ça touche vraiment mon salaire. »

 

Les relations avec les clients ont été sensiblement modifiées par le coup dur que traverse le secteur automobile. Frédéric reçoit régulièrement des acheteurs de voitures potentiels qui se sentent en position de force face au vendeur. Paradoxalement, explique-t-il, ils s'imaginent que les concessionnaires vont tellement mal qu'ils ont déjà cassé les prix. Du coup, ils ne négocient pas : « Dans le fond, ça ne change pas grand chose, la négociation est un jeu de dupes. Il y a toujours deux prix : un premier prix de départ qui n'est jamais appliqué et le deuxième qui est toujours pratiqué et en dessous duquel on n'accepte pas de vendre. »

   

En dépit d'un rythme de travail épuisant et de l'incertitude continuelle dans laquelle est Frédéric, il répète que pour rien au monde, il n'échangerait son travail contre un autre : « Ça me plaît. Je suis à ma place. Quel autre métier permettrait à un gars comme moi, qui n'a pas forcément fait des études de bien gagner sa vie ? J'ai de bonnes conditions de travail, je suis un privilégié. Pour 2 000 euros, on vit bien à Pau. »

 

 



Source : Eco89   17-04-2009

 

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