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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 11:45




Dans ces temps difficiles ou chacun se pose des questions sur son avenir ou sur l'avenir de ses enfants, d'autres n'ont même plus ce choix là; ils vivent au jour le jour, se débattent ,avec les difficultés et "improvisent" leur vie en fonction des circonstances. D'autres encore, aidés par la chance ou par leur travail ou bien parce qu'ils se trouvent encore dans le bon créneau, parviennent à maintenir leur pouvoir d'achat, souvent avec beaucoup de mal.
En choisissant des exemples représentatifs de note siociété, le site "Eco89" a eu l'idée de passer "aux rayons X" les porte-monnaies de Français, que nous cotoyons tous les jours, sans bien savoir leurs problèmes.






Agent d’entretien, hôtesse de caisse, manutentionnaire: Aurianne, Rennaise de 24 ans, enchaîne les emplois depuis sa majorité. Aujourd'hui, elle ouvre son porte-monnaie et le passe au rayon X. Salaire, dépenses, extras, comment vit-elle avec moins de mille euros mensuels?

 


Au lycée, elle a eu du mal à trouver sa voie, et ses parents n’avaient pas les moyens d’attendre qu’elle découvre l’orientation qui lui conviendrait. Elle s’est donc mise à travailler.

 

"Je n’étais pas mûre, on ne s’occupait pas trop de moi, personne ne me poussait, alors j’ai eu envie de gagner de l’argent. Je ne me rendais pas compte de l’importance d’avoir un diplôme", se souvient la jeune femme. Pour commencer, sa mère lui dégote un emploi d’agent d’entretien dans l’entreprise où elle-même travaille comme femme de ménage. Ensuite, Aurianne multiplie les missions d’intérim. Elle n’a jamais gagné plus de 900 euros par mois, assez pour vivre, mais pas de quoi épargner pour l’avenir.

 

Son salaire : 840 euros par mois pour un temps partiel subi

 

Après avoir envoyé une dizaine de candidatures spontanées à chaque supermarché rennais, elle finit par être embauchée en CDI pour un contrat de trente heures au Super U de Maurepas, quartier populaire de la vile bretonne. Hôtesse de caisse pendant un an et demi, elle démissionne en mai 2008: marre du mal de dos, de la caisse et des horaires impossibles pour 840 euros par mois. Ayant démissionné, elle n’a droit à aucune indemnité chômage. 
 

Il lui faut recommencer à travailler. Sauf qu’avec la crise, dénicher un emploi est un vrai parcours du combattant : "Avant, on trouvait plus facilement des missions en intérim, maintenant, c’est différent. On dirait que les entreprises ont peur d’embaucher. Avant, je pouvais même choisir les missions les plus intéressantes. Maintenant, dès qu’on m’appelle, je dis oui." 
 

Ces derniers temps, elle a travaillé comme manutentionnaire dans une imprimerie, et ses contrats d’intérim étaient renouvelés au jour le jour, ou pas… Aujourd’hui, elle a trouvé un contrat d’hôtesse de caisse de deux semaines pour trente heures par semaine, au Super U de Saint-Jacques de la Lande, commune limitrophe de Rennes.

 

Même enseigne, même tarif. Elle n’a pas de temps complet, gagne toujours 840 euros par mois, mais au moins, son travail est plus proche de son logement. Et vu les horaires, ça compte. A part le samedi, où elle travaille souvent dix heures d’affilée, avec une demi-heure de pause le midi, le reste de la semaine, elle est à la caisse le matin, puis fait une grosse coupure, avant de revenir pour le rush du soir. Autrement dit, elle enchaîne les allers-retours entre chez elle et le supermarché. Heureusement, sa carte de transport est prise en charge par les municipalités de la communauté d’agglomération rennaise. En tant que personne seule gagnant moins de 950 euros par mois, elle y a droit.

 

Ses dépenses: juste de quoi vivre au jour le jour

 

Avant, elle vivait à Rennes avec son ami dans un studio de 29 mètres carrés. Difficile de ne pas se marcher sur les pieds… Heureusement, lorsqu’elle était en CDI au Super U de Maurepas, elle a pu bénéficier du 1% logement patronal. Elle a fait une demande, et au bout de onze mois, en janvier 2008, on lui a trouvé un appartement à la hauteur de ses revenus. Pas dans la capitale bretonne, où les loyers sont trop élevés, mais à Bruz, à 14 kilomètres au sud. Le loyer de son studio est de 188 euros, et grâce aux APL, Aurianne paye seulement 70 euros de loyer par mois.

 

Il lui reste les charges d’électricité, qui s’élèvent à 50 euros par mois, et d’eau. Lorsqu’elle a reçu sa facture des quatre derniers mois de la compagnie générale des eaux en juin dernier, juste après qu’elle avait quitté son travail, Aurianne était déjà dans le rouge. Elle ne pouvait pas payer ces 56 euros :  "C’est de ma faute, j’ai fait traîner les choses, le temps de me renflouer. Je n’ai pas osé demander à mes parents qu’ils m’aident, je me débrouille seule depuis six ans. Résultat, la facture a fini par monter à 200 euros, à cause des frais de retard de paiement."

 

Elle n’a pas de forfait de téléphone portable, car "certains mois, ça ferait trop cher". Alors elle s’achète des cartes, envoie des textos, "bipe" les gens pour qu’ils la rappellent et se garde du crédit pour appeler les boîtes d’intérim.

  

Au niveau de la nourriture, elle ne fait pas d’extra non plus. Elle dépense environ 160 euros en courses par mois. "J’essaie de me préparer des plats bon marché, comme des salades, et d’acheter en gros", explique-t-elle. Elle s’accorde quand même des petits plaisirs, mais privilégie les soirées chez les copains, "moins chères et plus conviviales". Elle dépense environ 60 euros par mois pour les sorties entre amis. Elle fume des roulées, moins onéreuses que les blondes, et il lui en coûte 60 euros tous les mois. Et même si elle fait attention, elle est souvent à découvert :  "J’arrive toujours à me mettre dans le pétrin. Je n’ai pourtant pas l’impression de dépenser beaucoup. Je vis normalement, il faut bien manger… L’an dernier, j’en ai eu pour 300 euros de découvert."

 

La seule grosse dépense qu’elle s’est accordée ces dernières années est l’achat d’un ordinateur portable, d’une valeur de 460 euros. Pour se l’offrir, elle a dû emprunter à la banque, qu’elle aura remboursée dans un an. Elle a aussi souscrit à un prêt de mille euros à taux zéro, accordé aux moins de 25 ans.

   

Son avenir: système D et formation 
 

Pour ses loisirs, Aurianne utilise le système D: elle ne peut pas se passer de sport, alors elle pratique la gymnastique chez elle, toute seule, ou bien se rend aux premières séances d’essais des cours de stretching, qui sont gratuites. Elle a accès à Internet gratuitement, grâce au code wifi d’un ami. Pendant les vacances, elle rend visite à sa mère, qui vit à côté de Pau. Côté santé, elle n’a pas de mutuelle, alors elle paye 30% de ses frais médicaux : "Je vais faire un dossier pour avoir droit à la CMU (couverture maladie universelle). Heureusement, mon frère est opticien, c’est le bon plan pour avoir des lunettes gratuites, je n’aurais pas pu m’en payer sinon, alors que j’en ai besoin."

 

Par contre, elle ne connaît aucun dentiste, elle ne peut faire extraire ses dents de sagesse qui la font souffrir, cela attendra. De débrouillardise, elle ne manque pas. Mais quand l’argent ne suit pas… Aurianne ne gagne pas assez pour épargner. Alors son avenir, comment le voit-elle?

 

"Tous les ans, je dis que je veux faire une formation, pour avoir une qualification et changer de métier. Je m’étais mise en tête de passer un concours pour être factrice à La Poste, mais il faut avoir le permis de conduire depuis deux ans, et je n’ai pas assez d’argent pour le passer pour l’instant. Une fois stabilisée, je tenterai le permis à un euro par jour."

 


Source : Eco89   Février 2009 

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