Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 08:00

















Le plan de relance annoncé le 4 décembre dernier par Nicolas Sarkozy (voir notre article "Sarkozy : le détail du plan de relance" du 05-12-2008) est "insuffisant et inadapté" aux yeux des socialistes. Alors le PS a décidé de riposter avec un contre-plan de relance plus "massif, global et adapté aux enjeux", présenté officiellement ce mercredi 21 janvier après-midi.

Un contre-plan, intitulé "Agir vraiment contre la crise", qui aura demandé plus de six semaines pour voir le jour !.. "C'est un plan efficace, qui s'attaque aux racines de la crise économique, un plan complet, ambitieux et crédible, permettant un effet levier sur l'économie"fait valoir B. Hamon pour qui le PS est "au diapason de ce que fait Barack Obama pour son pays".
Comme on s'y attendait, le plan repose plutôt sur des mesures de relance de la consommation et là, Benoît Hamon s'avance un peu en disant qu'il est au diapason de ce que fait Barack Obama...
Son montant avait déjà été révélé mardi par Michel Sapin, secrétaire national du PS à l'Economie: plus de 40 milliards d'euros. Nettement plus que le plan Sarkozy, estimé à 26 milliards par le gouvernement, mais évalué à seulement 4 milliards "d'effort net" par le camp socialiste. Aujourd'hui, après in débat interne, le plan du PS a gonflé puisqu'il est chiffré à 50,5 milliards d'Euros, 2,5 % du PIB, soit quasiment le double de celui du gouvernement.


Si ce contre-plan de relance ne contient pas de volet recettes clairement identifié, il fait toutefois apparaître les moyens de son financement : l'annulation du paquet fiscal, la remise en cause des aides publiques aux entreprises qui distribuent des dividendes alors qu'elles licencient, la lutte contre la fraude fiscale, et l'emprunt.
La suppression du "paquet fiscal", qui implique évidemment la hausse des impôts, rapporterait, à elle seule, près de 10 milliards d'Euros par an.

 

Augmenter le pouvoir d'achat


Point volontairement négligé par le gouvernement, qui préfère une relance par l'investissement, le pouvoir d'achat est à l'inverse au coeur de ce contre-plan. Le Parti socialiste y voit dans son augmentation par ces mesures le seul moyen d'apporter aussi une réponse "immédiate" à la crise:

  • Le versement d’un chèquede 500 euros, dès le mois de mars 2009, aux  bénéficiaires de la prime pour l’emploi et aux bénéficiaires des minima sociaux. En tout 10 millions de personnes et un coût de 5 milliards d'Euros.
  • Une revalorisation du SMIC de 3% au 1er février 2009, avant l’engagement des négociations annuelles sur les salaires.
  • La généralisation obligatoire du chèque transport à tous les salariés et à tous les moyens de transport nécessaires pour aller du domicile au lieu de travail.
  • La revalorisation immédiate des allocations logement de 10%.


Baisser les prix des biens essentiels


Toujours pour "favoriser une augmentation du niveau de vie des catégories moyennes et populaires", le Parti socialiste souhaite agir sur le niveau de la TVA, ainsi que sur les coûts du logement et de l'énergie:

  • Une baisse de 1 point du taux normal de TVA, passant de 19,6% à 18,6%. Le coût de la mesure est évalué à 6 milliards d'Euros
  • Un gel des loyers dans les zones de forte hausse en 2009 et 2010, et la limitation de la hausse de l’ensemble des autres loyers au taux d’inflation.
  • La mise en chantier de 300.000 logements sociaux (PLAI et PLUS) sur les deux prochaines années.
  • La fixation annuelle par le Parlement du prix du gaz .


Combattre le chômage


En plein recrudescence depuis l'été dernier, à des niveaux inégalés depuis le début des années 80, le chômage est redevenu une préoccupation majeure du gouvernement. "Insuffisant", tonne encore le Parti socialiste, face à "la catastrophe sociale qui s’annonce".Et de proposer:

  • Le gel immédiat de toutes les suppressions de postes dans la fonction publique(Education nationale, Hopitaux, etc...).
  • La création dans l'urgence et à titre exceptionnel d'un chômage partiel prolongé (de 800 heures supplémentaires au-delà de 800 heures annuelles) et mieux indemnisé (avec l'élévation de l’indemnisation des salariés, pendant cette période, à 80% du salaire).
  • La création de 100 000 emplois aidés supplémentaires. Ce qui porterait les effectifs concernés de 300 000 à  400 000.
  • La création de 100 000 emplois, à temps plein, d'une durée de trois ans et pris en charge à 75% par l'État, dans le secteur non marchand.
  • La réactivation des retraites anticipées dans les secteurs du bâtiment et de l’automobile.


Protéger les salariés


Alors que les licenciement pour motif économique se multiplient, le Parti socialiste entend améliorer leur indemnisation et mettre en oeuvre "une véritable sécurité sociale professionnelle":

  • Unification des contrats de transition et des conventions de reclassement, avec une indemnisation portée à deux ans et à 80% du salaire.
  • A titre exceptionnelet pendant 24 mois, les salariés inscrits à l'ANPE suite à une fin de CDD ou de mission d'intérim bénéficient d'une prolongation de six mois de leur indemnisation lorsque leurs droits arrivent à échéance pendant cette période.
  • Pour les entreprises qui engagent un licenciement économique alors qu'elles continuent à distribuer des dividendes ou à racheter leurs propres actions, le remboursement préalable des aides publiques perçues au cours des cinq dernières années sera une condition de recevabilité de la procédure.


Relancer l'investissement


"Insuffisant", le plan Sarkozy l'est enfin "notoirement sur la relance de l’investissement". L'investissement public d'abord, mais aussi "l’investissement privé, qui a fortement reculé cette année, après avoir stagné plusieurs années, doit être stimulé et relancé durablement", note le Parti socialiste, avant de lister ses propositions:

  • Dans les collectivités locales, avec un abondement exceptionnel du budget de fonctionnement des collectivités, comprenant notamment le remboursement des arriérés de paiement du RMI, le remboursement de la TVA dans l’année (et non plus avec un décalage d’un an), et l’octroi de prêts bonifiés pour les investissements relevant de leur champ de compétence.
  • Dans les hôpitaux, avec le retrait immédiat du plan social engagé par le gouvernement dans l’hôpital public, qui pourrait atteindre 20 000 emplois en 2009; et le lancement d’un plan de sauvegarde et de modernisation de l’hôpital public, d’un montant de 1,4 milliard d’euros.
  • Dans le BTP, avec la mise en chantier dans les deux ans de 300 000 logements sociaux, ainsi qu'un plan de rénovation écologique et d’isolation de 400 000 logements par an, comprenant un effort massif pour garantir l’accessibilité des bâtiments publics aux personnes handicapées.
  • Dans les entreprises privées, avec la modulation de l’impôt sur les sociétés suivant que les bénéfices sont réinvestis ou distribués aux actionnaires; et le conditionnement de l’octroi des aides de l’Etat aux banques au maintien ou à l’extension des facilités de trésorerie aux entreprises.


Afin d'éviter que pareille crise ne survienne, ou pour le moins n'affecte aussi durablement l'économie d'un pays, le Parti socialiste entend, pour finir, "promouvoir une croissance verte" (avec une tarification incitative à l’économie des biens essentiels que sont l’eau, l’électricité et le gaz) et faire émerger "de nouvelles règles financières"(grâce à des droits de vote de l'Etat dans les conseils d’administration des banques aidées).





Mes commentaires :

Dans cet ensemble de mesures il y en a un certain nombre qui semblent à la fois réalistes et peut-être nécessaires.

Le chèque de 500 Euros
distribués au  10 millions de personnes qui, à coup sûr, en ont bien besoin, est une idée qui se défend. On retrouve d'ailleurs cette même idée dans le plan de Sarkozy qui prévoit le versement d'une prime de 200 Euros (beaucoup moins) à 3,5 millions de ménages mais qui est complétée par la mise en place du RSA.

La revalorisation du Smic de 3% ? Pourquoi pas ? sauf que l'on connait très bien les conséquences : on affaibli encore un peu plus les toutes petites entreprises qui sont déjà en grande difficulté. Alors même que ce sont celles-là qui ont le plus de problèmes auprès des banques,  et que ce sont elles qui sont susceptibles de créer le plus d'emplois.
Le PS s'est inspiré de ce que fait zapaterro en Espagne; mais la France n'est pas l'Espagne : le Smic la-bas est à 600 Euros par mois en 2008 et augmentera de 4% pour passer à 624 !. alors qu'il est en France à 1321 Euros brut par mois

La baisse de la TVA de 1 point. C'est aussi une idée qui semble généreuse et qui a déjà été expérimentée en France comme à l'étranger. Cette mesure qui coûte 6 milliards d'Euros a les conséquences suivantes : bien souvent le consommateur ne retrouve pas le 1% en question sur le prix; si la relance de la consommation fonctionne à peu près, souvent elle relance nos importations. Donc l'effet sur l'emploi est nul, voire négatif.
Par ailleurs le PS nous a très longtemps expliqué qu'une telle mesure avait plutôt tendance à favoriser les plus riches, ceux qui consomment le plus ?

D'autres parmi ces mesures sont parfaitement démagogiques :

Création de 200 000 emplois supplémentaires dont 100 000 dans le secteur non marchand en plus des 300 000 emplois aidés déjà prévus. Il semble là que le PS n'ait toujours pas compris au moins deux choses : d'abord que l'on ne peut créer des emplois que lorsque l'on a des entreprises qui fonctionnent et qui ont des commandes !.. Dites à Peugeot ou Renault que vous allez lui financer 75 % du coût de ses futurs embauchés n'incitera pas ces entreprises à recruter !.. Ensuite il faut rappeler que dans l'urgence dans laquelle nous sommes il est impossible de créer 500 000 emplois en 12 à 18 mois même si la majorité d'entre eux sont aidés.

Quant à réactiver les retraites anticipées dans l'automobile et le bâtiment !.. C'est une mesure que le PS a violemment critiqué en son temps, qui coûte beaucoup plus cher qu'elle en a l'air et qui déshabille les entreprises d'une partie importante de leurs compétences.

D'autres mesures enfin n'apportent pas grand chose au problème crucial qui est le notre : l'emploi

Empêcher les entreprises qui distribuent des dividendes de licencier : C'est du bon sens et de la morale dans l'économie. Tout le monde peut être d'accord avec cela. Sauf que le dire est facile, le mettre en application est plus difficile. On a vu cette semaine combien le MEDEF renâcle, combien les banques, qui n'ont pourtant pas de quoi être fières, se sont fait tirer l'oreille.. Alors trouver une bonne règle : là est la difficulté. Si, dans l'esprit du PS, cela consiste à remettre en place  la loi de modernisation sociale instaurée par Jospin, alors on sait ce que cela donne !.. Rappelons nous : il fallait que la direction départementale du travail, sous l'autorité du Juge, impose à l'employeur visé des obligations en matière de reclassement, de formation,..directement liées à la santé de l'entreprise. On fait une usine à gaz, qui ne fonctionne en général pas correctement, avec des délais incompatibles avec la vie des entreprises. En tous cas on renchérit le coùt des licenciements donc on freine l'embauche ...

Et enfin, en matière d'investissement, je crois que Sarkozy, pour le coup, l'a fort bien expliqué : cela ne sert à rien de mettre des milliards d'Euros dans un plan si les réalisations qui sont prévues ne sont pas engagées dans l'année 2009. Alors d'accord pour donner des subventions aux collectivités locales, aux hôpitaux ou à tout ce que l'on veut mais que ces organismes engagent d'abord les dépenses qu'ils sont prêts à engager. Nous verrons ensuite !..

Le "paquet fiscal"

Revenir sur cette affaire de "paquet fiscal" que le PS n'a jamais digéré est de bonne guerre. Sauf que les 10 Milliards qu'il représente sont 1/5 du plan de relance Socialiste et que l'on sait pertinemment que le gouvernement et la majorité ne reviendront pas sur les mesures qui ont été votées. Des mesures qui, d'ailleurs, si elles étaient toutes supprimées conduiraient à augmenter les imôts de 10 milliards d'Euros ? On peut (peut être ?) faire une exception pour l'affaire des heures supplémentaires dont on pourrait rediscuter.. 
Et puis, dire "il faut supprimer le paquet fiscal" sans aller voir mesure par mesure est purement idéologique. Faut-il rappeler que ce paquet contient, en autre, une mesure qui exonère d'impôt sur le revenus les jeunes de moins de 25 ans. Faut-il rappeler, alors que le secteur du logement est en pleine déprime, qu'il contient aussi une mesure qui consiste à donner un crédit d'impôt sur les intérêts des nouveaux emprunts souscrits pour l'achat d'une résidence principale.
Alors, au bout du compte, cela discrédite plutôt le contre-plan du PS.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : VICTOR ASSOCIATION
  • : Le BLOG de Jean-Pierre ECHAVIDRE, Président de VICTOR ASSOCIATION Association d'information et de défense des intérêts des habitants de MONTESQUIEU-VOLVESTRE
  • Contact

Texte Libre

L'objet de ce blog est d'apporter aux habitants de Montesquieu-Volvestre une information régulière sur la vie de la cité, et de décrypter l'essentiel de l'actualité. Mais il a aussi pour but d'ouvrir un dialogue,  de discuter, de contester, ou de râler au besoin. Il faut que nous retrouvions dans notre village une convivialité, une solidarité qui sont en train de se perdre.

Rechercher

Pages

Liens