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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 08:00
TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

 

 

LOCRONAN

FINISTERE

 

 

Locronan (Lokorn en breton) est une commune, située dans le département du Finistère en région Bretagne.

L'important patrimoine architectural de Locronan, préservé très précocement, a permis au village d'être membre du réseau des petites cités de caractère. Locronan est aussi aujourd'hui gratifié du label des plus beaux villages de France, décerné par une association indépendante visant à promouvoir les atouts touristiques de petites communes françaises riches d'un patrimoine de qualité. Autour de l'église, les toits du village sont des œuvres d'art. De sa belle époque, le village a conservé une place centrale pavée ornée d'un puits, la vaste église Saint-Ronan, des maisons Renaissance en granite.

À l'époque romaine, Locronan se trouvait au carrefour de deux voies romaines, l'une venant de Quimper et se dirigeant vers la presqu'île de Crozon, l'autre se dirigeant vers Douarnenez. Un trésor monétaire a été trouvé dans la décennie 1950, comprenant des pièces en argent datant de la République romaine, mais ce trésor a disparu.

Le site de Locronan correspond à un ancien haut lieu du culte druidique qui était situé dans le bois du Névet. Le nom de la forêt du Névet s'écrivait Men Nemet dans les textes médiévaux ; c'était un nemeton, le seul d'ailleurs encore visible à notre époque. Le nemeton de Locronan est un grand quadrilatère d'une douzaine de kilomètres de périmètre, comportant douze points remarquables, représentant les douze mois de l'année celtique, marqués probablement par douze menhirs (remplacés depuis par les 12 calvaires marquant les 12 « stations » de la grande Troménie). La fonction sacrée du nemeton était la représentation sur terre du parcours des astres dans le ciel : il décrivait dans l'espace les douze mois de l'année en même temps que chacun de ces mois était consacré à une divinité du panthéon celtique. D'autres traditions celtes perdurent à Locronan, par exemple celle du « pain des morts » le jour de la Toussaint ou celle de l’ « arbre de mai » le premier mai.

Saint Ronan y installa par la suite son ermitage à l'emplacement de l'actuelle chapelle du Pénity, accolée à la partie sud de l'église Saint-Ronan, ce qui explique la christianisation du site.

L'existence d'une église est attestée dès 1031 car à cette date le comte de Cornouaille Alain Canhiart fait don de l'église Saint-Ronan à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé à la suite de sa victoire remportée contre le duc Alain III de Bretagne et connue sous le nom de « bataille de Ronan ». Par la suite, les comtes de Cornouaille portèrent une grande dévotion à saint Ronan.

Le petit bourg est élevé au rang de ville en 1505 par Anne de Bretagne, venue en pèlerinage. Elle y serait peut-être venue invoquer saint Ronan pour avoir des enfants. Un calice du XVIème siècle sur lequel est écrit le prénom Anna et où figure le dessin d’une hermine, conservé dans l'église Saint-Ronan, aurait peut-être été offert par la duchesse.

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN – Maison dans le village

 (Photo Pierre André LECLERCQ)

 

 

 

Au Moyen Age, le fief de Kéménet [Quéménet] comprenait alors les paroisses de Saint-Nic, Plomodiern, Ploéven, Plounevez et une partie de Locronan, ainsi que Penhars.

Dès le XIVème siècle, le chanvre fleurit à peu près partout dans la région de Locronan. De cette production naît une industrie de la toile à voile, favorisée au départ par la proximité de Pouldavid, l'ancien port de Douarnenez, qui va faire prospérer la petite cité où s'installent de nombreux tisserands et marchands. La renommée des toiles issues de la manufacture de Locronan, vendues sous le nom d’ « olonnes » (les bateaux allant chercher le sel emportaient des toiles pour les vendre à La Chaume-d'Olonne et à Saint-Gilles-d'Olonne) sur les côtes du Bas-Poitou [Vendée actuelle], va vite traverser les frontières et même les océans. Elles équipent les navires de la Royale et de la Compagnie des Indes, mais les commandes proviennent aussi des marines étrangères. La toile à voile de Locronan aurait ainsi équipé l'Invincible Armada espagnole. Le lin était aussi travaillé.

C’est à cette époque de prospérité, arrêtée un temps par les destructions liées aux guerres de la Ligue (Locronan est pillé en 1594 par les troupes espagnoles, puis successivement par les capitaines de guerre Anne de Sanzay de la Magnane et Guy Éder de La Fontenelle) qu'appartiennent la plupart des richesses architecturales que constituent les demeures en granit de la place de l'église et des rues avoisinantes et, naturellement, l’église Saint-Ronan et la petite chapelle du Pénity attenante à celle-ci et abritant le gisant du saint (respectivement des XVème et XVIème siècles). En 1751, 406 métiers à tisser sont encore dénombrés dans 21 paroisses de la région dont 151 à Locronan même.

Une des raisons du succès de ces toiles tient dans le sérieux de leur fabrication, régie par des règlements établis par le Conseil du Roi, et qui étaient de véritables cahiers des charges précisant le nombre de fils de chaîne pour chaque type de voile, leur longueur au sortir du métier à tisser, la nature et la qualité des fibres utilisées, la qualité des lisières, le pliage, etc. Le règlement du 7 février 1736 comprend 53 articles. Pour vérifier leur conformité avant l'expédition, les ballots passent par les « Bureaux de la marque » installés généralement dans les ports exportateurs. Chaque « bureau des toiles » est tenu par un commis chargé d'apposer, le plus souvent au noir de fumée, les coins ou marques qui attesteront de la qualité et de la conformité des toiles. Le 2 janvier de chaque année, les anciens coins sont détruits, afin d'éviter les fraudes, et remplacés par de nouveaux.

L'essor de ces fabricants et marchands de toiles dites de « Locronan » ou de « Pouldavi », toiles à voiles ou à ballots, permit la construction dans la région de nombreuses églises paroissiales comme celles de Cast, Le Juch, Plogonnec, Guengat, Beuzec, Pouldavid et Ploaré.

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN – Rue du village

(Photo GFreihalter)

 

 

 

La création de manufactures royales à Brest en 1764 par Choquet de Lindu (pour faire travailler les forçats du bagne de Brest), qui attira de nombreux tisserands de Locronan se fit durement sentir. Le déclin de l'activité toilière s'est accentué à partir du milieu du XVIIIème siècle, la production passant de 10 000 pièces en 1751 à 6329 pièces en 1776. En 1771, un inspecteur des manufactures, Guilloutou, attribue cette décadence « à la mauvaise filature et à de mauvais procédés de fabrication ». En 1813, on ne recense plus que 13 métiers à tisser à Locronan et la concurrence des métiers mécaniques fait alors vite cesser cette activité.

En 1787, le recteur [curé] André, écrivant à l'Intendant de Bretagne, dresse un tableau très sombre des conditions de vie de la plupart des habitants de la cité : « J'ai trop tardé à mettre sous vos yeux le tableau affligeant de l'excès de misère du peuple de Locronan. La cause générale des calamités publiques, la cherté des grains, le fléau qui désole la Bretagne depuis quelques années, n'est pas l'unique source des malheurs qui font gémir les misérables que je plains. C'est leur commerce, anéanti depuis plusieurs années ; ils fournissaient pour Brest au moins cinquante pièces de toile chaque semaine. […]. Il y a bientôt trois ans qu'on n'en a pas demandé en tout cent pièces. […] Aussi ai-je la douleur de voir (…) des malheureux qui annoncent leur misère par des sanglots et […] qui me disent qu'ils n'ont point mangé depuis vingt-quatre heures »

La place, dotée en son centre de l'ancien puits communal, longtemps seule source d'eau potable de la cité, prend toute sa dimension chaque deuxième dimanche de juillet lors des Troménies, mais encore plus toutes les six années lors de la Grande Troménie (la dernière a eu lieu en 2013, la prochaine en 2019). La place est bordée de 14 maisons en granit qui composent un ensemble architectural remarquable, témoignant de la richesse des marchands de toile et autres notables qui les firent édifier aux XVIIème siècle et XVIIIème siècle dont le Bureau des toiles et l'hôtel de la Compagnie des Indes. L'actuelle rue Moal était la rue des tisserands.

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN – Maison ancienne du bourg

(Photo Henri MOREAU)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN – Maison dans le village

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN – Maison dans le village

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN – Sur la Place de l’Eglise

(Photo Moonik)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN

(Photo Henneman99)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN - Maison Place de l'Église

(Photo GO69)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN - Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle

(Photo Chris06)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN - Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle

(Photo Odenel)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN - Eglise Saint-Ronan

(Photo Erwan CORRE)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN - Le jardin de l'Église Saint-Ronan

(Photo Pierre André LECLERCQ)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN - Eglise Saint-Ronan au coucher du soleil

(Photo Amadalvarez)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN - Eglise Saint-Ronan. Retable du Rosaire

(Photo GFreihalter)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN - Eglise Saint-Ronan. Tombeau de Saint-Ronan

(Photo GFreihalter)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : LOCRONAN  (FINISTERE)

LOCRONAN – La Mairie

(Photo S.Möller)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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