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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 07:00
TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

 

 

PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES)

LE CHATEAU

 

 

Au centre de la vieille ville de Pau, dans le Béarn, se dresse le château, célèbre pour avoir vu la naissance du roi de France et de Navarre, Henri IV. Ce château porte aujourd'hui les marques de cette présence imposante : les représentations diverses du « bon roi » Henri ornent les murs de toutes parts.

Débuté par les vicomtes du Béarn au XIème siècle, et notamment par Centulle le Vieux, le château fut progressivement construit tout au long du Moyen Âge. Il s'agit d'un ouvrage avant tout militaire, c'est un château fort typique, construit en haut de la petite colline qui domine le Gave délimitée par le ravin du Hédas.

Dès sa construction, il prend une importance symbolique : trois pieux (paü, en béarnais) sont installés pour désigner les limites du futur château. Celui-ci désigne donc, par métonymie, la ville même. Ces pieux, symbolisant la fidélité et la droiture, se présentent chacun comme l'axis mundi, dans une version béarnaise.

Aux XIIème  siècle et XIIIème siècle, les dynasties successives des vicomtes de Béarn font construire trois tours à cette forteresse, qui sont nommées Mazères, Billère et Montaüser (Monte oiseau).

Le XIVème siècle voit apparaître un personnage emblématique du Béarn, et qui laisse sa trace au château : Gaston III de Foix-Béarn, mieux connu sous le nom de Gaston Fébus. Ce seigneur de guerre, en situation délicate puisque, de par ses possessions, sous la gouverne des royaumes ennemis de France et d'Angleterre, fait du Béarn, « don de Dieu », une région unie et autonome. Il développa donc un réseau de places fortes afin de défendre ce territoire. Le château de Pau fut ainsi fortement transformé dans le but de devenir une citadelle imprenable. Fébus y construit le donjon en briques, haut de trente-trois mètres, et y grave l'inscription : « Febus me fe » (« Fébus me fit », en béarnais). Il fait également réaliser la Tour de la monnaie et l'aile sud du château. Sous la direction de son architecte Sicard de Lordat et de vingt-cinq maîtres maçons, ce sont les cagots qui effectuent ces constructions.

À la Renaissance, l'installation de la cour de Navarre en 1512 modifie sensiblement l'aspect du château. De forteresse qu'il était au départ, il devient une résidence d'agrément. Henri d'Albret y réside accompagné de son épouse Marguerite d'Angoulême, sœur de François Ier, et plus connue sous le nom de Marguerite de Navarre, auteur de l'Heptaméron. Ils marquent le lieu de leurs initiales, présentes sur les murs et les plafonds, que l'on a veillé à conserver et à reproduire au cours des restaurations ultérieures. Les deux souverains sont à l'origine de l'aménagement d'une terrasse au sud ainsi que de la cour d'honneur, de la construction de l'escalier d'honneur à la place des anciennes cuisines, de l'installation des nouvelles cuisines dans l'aile nord et de l'aménagement des jardins.

Le futur Henri IV naît au château le 13 décembre 1553. La renommée de ce roi, bercé enfant dans une carapace de tortue précieusement conservée, donne un goût particulier au château, qui ne le vit ni grandir ni mourir et où il ne fit aucun embellissement.

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU

(Photo Jean-Pierre ECHAVIDRE)

 

 

 

Après le passage illustre du futur roi Henri et le décès de ses grands-parents, plus aucun souverain ne résidera à Pau jusqu'au XIXème siècle. Le château fut confié à la garde de la famille des Gramont, et fut ainsi entretenu, mais son mobilier d'apparat fut progressivement enlevé et une grande partie de son domaine lui fut amputé sous la pression constante de la ville qui s'étendait.

Bien que préservé de la démolition sous la Révolution française, le château arrive en piteux état lorsque Louis-Philippe décide d'entièrement le restaurer. Celui-ci voulut allier les idéaux de la Révolution et ceux de la monarchie, il eut donc l'idée de restaurer à partir de 1838 le château de celui qui réconcilia catholiques et protestants pour en faire une résidence royale, mais il n'y résidera cependant pas.

Comme il fallait que ce château conservât son caractère henricien, on y plaça de très nombreux objets de style néo-Renaissance et néo-gothique. Le berceau légendaire d'Henri IV, pièce phare du château, fut placé au deuxième étage dans une pièce qu'une tradition incertaine donne pour être la chambre d'Henri IV.

L'extérieur du château est également fortement remodelé avec l'ajout d'une tour factice à l'ouest (tour Louis-Philippe) par symétrie à la tour Mazères, la transformation de l'avant-corps de garde en chapelle et la destruction de l'ancien couloir fortifié. Louis-Philippe, rénovateur de la demeure comme il le fut de Versailles, exilé en 1848 en Angleterre où il mourut deux ans plus tard, ne put jamais séjourner dans ce lieu. Les restaurations avaient été confiées à l'architecte départemental Vincent Latapie. Les restaurations du château arrêtées en 1848 sont reprises en 1852.

Avant celui d'Amboise, le château servit de prison dorée du 29 avril au 3 novembre 1848 à l'émir Abd El-Kader, vaincu par la France en Algérie. Très vite, l'image du chef de guerre exotique cède le pas à celle d'un hôte aimé, révéré. Au moment de partir pour Amboise, le 3 novembre 1848, l'émir se retourne et déclare : « En quittant Pau, je laisse un morceau de mon cœur ». Cela est d’autant plus vrai que plusieurs de ses enfants, morts lors de son incarcération sont enterrés au cimetière de Pau.

En 1858 Gabriel-Auguste Ancelet est nommé architecte du château. Ancelet s'est intéressé au portique d'entrée du château reliant la tour Gaston Fébus à une nouvelle aile. Les destructions des bâtiments côté ville avaient fait apparaître un mur du château sans aucune ouverture. Il fallait pour lui faire entrer l'air et la lumière dans la cour d'honneur du château qui était jusque-là sombre et humide. En 1859, on commence la démolition du bâtiment est, puis on construit le portique.

À la même époque sont construits les bâtiments reliant le portique à la tour Montaüser. Pour la façade, Ancelet reprend celle des bâtiments de la cour attribués à Gaston III. Après la nomination d'Ancelet comme architecte du palais de Compiègne, en 1864, il est remplacé comme architecte des résidences impériales de Pau et Biarritz par Auguste Lafollye. Celui-ci restaure la chapelle, renforce l'escalier d'honneur, reprend la façade de l'aile du midi, établit une bibliothèque dans le salon Bernadotte pour y installer les six mille livres achetés en 1867 par Napoléon III à l'ancien maire de Pau André Manescau. Le château a reçu la visite de Napoléon III mais également celles, plus nombreuses, de l'impératrice Eugénie lors de ses multiples cures thermales dans le Sud-Ouest. En 1868, c'est la reine d'Espagne, en fuite, Isabelle II et sa suite qui logent au château.

La IIIe République fit du château une résidence présidentielle avant de devenir, en 1926, le Musée national qu'il est resté et qui abrite les œuvres conservées depuis l'époque d'Henri IV et surtout lors de la restauration opérée par Louis-Philippe.

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU

(Photo Florent PECASSOU)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU - Depuis le gave, photo prise sur la passerelle de Gelos

(Photo Flo641)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU - Le clocher de l'église Saint-Martin et la Tour du Parlement

(Photo Flo641)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU - Vu depuis le jardin de la basse-plante

(Photo Flo641)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Au premier plan la statue de Gaston Fébus

(Photo Flo641)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – La  cour intérieure

(Photo Alex HUDGHTON)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Détail d'une fenêtre dans la cour, surmontée des armes du Béarn

(Photo Thierry de VILLEPIN)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Macaron sculpté sur la façade dans la cour intérieure

(Photo Thierry de VILLEPIN)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU

(Photo Szeder László)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Armoiries

(Photo Tony HISGETT)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Une porte d’entrée

(Photo Tony HISGETT)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Détail des escaliers.

(Photo Tylwyth Eldar)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Détail des escaliers.

(Photo Tylwyth Eldar)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Détail des escaliers.

(Photo Tylwyth Eldar)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Détail des escaliers.

(Photo Tylwyth Eldar)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Henri IV en pied par Barthélemy Tremblay, vers 1630

(Photo Jean-Pierre ECHAVIDRE)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Détail du mobilier, la paire de vase chinois.

(Photo Thierry de VILLEPIN)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Carapace-berceau supposé d'Henri IV (1,70 m de longueur - 1,07 m selon d’autres sources - et 0,83 m de largeur) en écaille de tortue : sur une table recouverte d’un tapis en velours de soie bleue brodé d’or, le berceau est surmonté d'un faisceau de lances entouré d'une couronne de laurier supportant un casque empanaché (le panache blanc en plumes d’autruche d'Henri IV) en bois doré et de drapeaux aux armes de France et de Navarre (Chambre du roi de Navarre - selon la tradition - au château de Pau)

(Photo fredpanassac)

 

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Appartement de l'impératrice Eugénie de Montijo

(Photo Tylwyth Eldar)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU – Appartement de l'impératrice Eugénie de Montijo

(Photo Tylwyth Eldar)

 

 

 

TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS : PAU  (PYRENEES-ATLANTIQUES) - LE CHATEAU

PAU : LE CHATEAU

(Photo Itto Ogami)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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