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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 13:15
LE NOMBRE DE FONCTIONNAIRES EN AUGMENTATION CONSTANTE DEPUIS 40 ANS

 

Cela fait des décennies que l’on a fait ce constat : l’Etat vit au-dessus de ses moyens !.. Il faut réduire le train de vie de notre pays mais si tout le monde semble le savoir aucun des gouvernements des 40 dernières années n’y est parvenu. Car, il n’y a pas vraiment de secret : on peut certes faire des économies sur tous les postes budgétaires mais il y en a un qui est incontournable c’est la masse salariale des fonctionnaires. Or, de François Mitterrand à Emmanuel Macron, le nombre de fonctionnaires en France a augmenté de 40%. Le gouvernement vient de confirmer la suppression de 120.000 postes avant la fin du quinquennat. Parviendra-t-il à tenir ses engagements alors qu’aucun de ses prédécesseurs n’a réussi ?

 

Fin 2017, hors contrats aidés, la France comptait 5 525 700 fonctionnaires (chiffres de l’INSEE publié fin 2018). C’est 40 % de plus qu’en 1981 alors que sur la même période la population française n’a augmenté que de 18%. Ce chiffre comprend la fonction publique d'État (FPE; administration centrale, ministères, enseignement...), territoriale (FPT; communes, départements, régions) et hospitalière (FPH; personnel administratif, services médiaux, AP-HP...).

Emmanuel Macron s'est engagé à réduire les effectifs de 120.000 d'ici 2022 et le gouvernement a reformulé ces derniers jours cet engagement. Cependant les premiers chiffres de suppressions restent timides, laissant craindre que cette promesse ne soit pas tenue. Sur le sujet, qu'ont fait ses prédécesseurs ?

 

François MITTERAND : 500 000 fonctionnaires supplémentaires

Entre 1981 et 1995, les effectifs de la fonction publique ont augmenté d'un demi-million, de 3.950.000 à 4.450.000. On passe alors de 72 fonctionnaires pour 1000 habitants à environ 77 pour 1000, avec une population en augmentation de plus de 3,5 millions d'habitants sur cette période. Ce chiffre témoigne de la relation « ambiguë » qu'entretenait François Mitterrand avec l'administration, affirme sur un blog Jean Glavany, ancien chef de cabinet du Président. Selon lui, ce dernier a voulu « marquer l'histoire de la fonction publique » malgré « l'intérêt relatif » qu'il « accordait aux fonctionnaires ». L'ancien président s'était engagé à l'époque à réformer la fonction publique : au second semestre 1981, 37.700 postes étaient déjà créés et le temps de travail hebdomadaire réduit de deux heures.

Puis, sous l'impulsion du ministre de la fonction publique Anicet Le Pors, naît la fonction publique à trois volets que l'on connaît aujourd'hui. Il s'agit là de « réformes au cadre très solide qui justifient leur longévité », assure aujourd'hui l'ancien ministre devenu conseiller d'État honoraire. Pourtant, elles ont parfois été faites sans grande concertation avec le locataire de l'Élysée. « À mon sens, ce n'est pas ce que nous avons fait de mieux. (...) Il est vrai que j'ai présidé moi-même à l'élaboration de ces lois. Peut-être n'ai-je pas été suffisamment informé. (...) Je ne suis pas sûr, en définitive, que ces lois aient longue vie », affirmait François Mitterrand lors du conseil des ministres du 29 mai 1985 (paroles rapportées dans « La fonction publique du XXIe siècle » par Anicet Le Pors et Gérard Aschieri). Ce conseil des ministres actait l'intégration de la fonction publique hospitalière, dernier volet de l'ensemble. Malgré tout, ces lois, souvent modifiées certes, durent depuis plus de trente ans.

 

Jacques CHIRAC : 800.000 fonctionnaires en plus

Lorsque Jacques Chirac arrive au pouvoir, en 1995, la France compte 4,45 millions de fonctionnaires, soit environ 77 fonctionnaires pour 1000 habitants. C'est un chiffre en constante augmentation depuis 15 ans. « Ce n'est qu'à la suite des 35 heures (réforme adoptée sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin) qu'il y a une forte croissance des effectifs dans la fonction publique », explique François Ecalle, président de l'association Fipeco et ancien membre du Haut Conseil des finances publiques. « C'est une période où peu d'économies sur les dépenses ont été réalisées et où, surtout, l'emploi a augmenté », analyse-t-il. Ainsi, les trois versants de la fonction voient leurs effectifs augmenter. Le retour de la droite au gouvernement en 2002 n'a pas changé grand-chose, le rythme sera le même jusqu'à la fin du second mandat de Jacques Chirac. À l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir en 2007, on compte 5,26 millions d'employés dans la fonction publique (81 pour 1000 habitants) soit 800.000 de plus en 12 ans.

 

Nicolas SARKOZY : une baisse en trompe-l'œil

Lorsque Nicolas Sarkozy est élu en 2007, la politique en matière de fonction publique change. En cinq ans, le versant État va se voir amputé de plus de 100.000 fonctionnaires. « Si nous ne maîtrisons pas cette dépense des salaires et des pensions, on ne peut réduire l'endettement de la France », avait déclaré le candidat Sarkozy en 2007. Car selon les derniers chiffres de 2014, la masse salariale des fonctionnaires s'élevait à 278 milliards d'euros. C'est 13% du PIB.

Nicolas Sarkozy avait annoncé sa volonté de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux lors du départ à la retraite. Ainsi, en 2010, la France connaît sa première baisse du nombre de fonctionnaires (7 000 postes en moins), hors contrats aidés. « Il y avait une pression plus forte sur les dépenses », affirme François Ecalle. L'année 2011 se traduira également par une baisse (13.000 postes en moins), la deuxième d'affilée et la dernière en date.

Toutefois, sur l'ensemble du quinquennat, le nombre de fonctionnaires n'a pas baissé, mais au contraire augmenté de 115.000 environ. « Nicolas Sarkozy n'a réduit que les effectifs de la fonction publique d'État, et notamment dans la Défense », rappelle François Ecalle. En effet, les effectifs dans la Défense ont été réduits de 133.000, c'est-à-dire à l'époque d'environ un tiers. Les fonctionnaires territoriaux (+160.000) et hospitaliers ont, eux, augmenté de façon plus importante sur les cinq ans.

 

François HOLLANDE : près de 60.000 postes créés dans l'Éducation nationale

En 2012, lorsque François Hollande franchit le perron de l'Élysée, la France compte près de 5,4 millions de fonctionnaires, soit 82 pour 1000 habitants, toujours un ratio en hausse. Sa promesse est alors de créer 60.000 postes dans l'Éducation Nationale. « Il a quasiment réussi », décrypte François Ecalle (+43.000 entre 2012 et 2016, chiffre encore inconnu pour 2017), qui rappelle néanmoins que l'ancien président socialiste a réduit les effectifs de quelques autres ministères. « Il a surtout baissé les dotations dans les collectivités territoriales, ce qui a donc diminué les emplois dans cette branche », explique-t-il encore. En effet, entre 2014 et 2017, 24.000 postes dans la fonction publique territoriale ont été supprimés. C'est à peu près ce qui a été créé dans la fonction publique hospitalière sur le quinquennat. En janvier 2018, il y a donc 5.525.700 fonctionnaires, soit un peu plus de 82 pour 1000 habitants, le ralentissement de la hausse depuis 2009 se confirme.

 

Emmanuel MACRON : un objectif « impossible » ?

Il est évidemment trop tôt pour analyser les résultats de la politique d'Emmanuel Macron en la matière. « Les chiffres de 2017 sont le simple héritage de la politique Hollande », garantit François Ecalle.

Dans son programme, Emmanuel Macron dit souhaiter réduire de 120.000 le nombre de fonctionnaires avant 2022 : 50.000 dans l'État, 70.000 dans les collectivités territoriales. « Du côté des collectivités, cela paraît totalement impossible », lance François Ecalle. « Elles sont indépendantes, l'unique solution est de serrer la ceinture budgétaire pour qu'elles diminuent leurs effectifs ». Pour Anicet Le Pors, la suppression de ces postes semble également très compliquée à anticiper. Les échéances politiques approchant, et à l'aube d'une très attendue réforme de la fonction publique, il est sûrement trop tard pour trancher massivement dans les effectifs, estime l'ancien ministre.

Mais François Fillon dans son programme présidentiel avait promis, lui, la suppression de 500 000 postes ?

 

Source : LeFigaro.fr  30-01-2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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