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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 07:00
PLASTIQUES : VERS 100% DE RECYCLAGE EN 2025

 

Les matériaux plastiques de tous genres ont envahi notre vie : sacs, gobelets, couverts, bouteilles, etc…La planète est envahie, les rivières et la mer n’en peuvent plus et tout cela dans une indifférence quasi générale. Chacun sait bien qu’il faudra, et qu’il faut même très vite, trouver des solutions mais chacun d’entre nous pense, à juste raison, que ce problème le dépasse. Et pourtant nous sommes tous concernés et nous pouvons tous agir : industriels, consommateurs, collectivités, chacun à son niveau, a sa part de responsabilité. Alors qui organise ? Qui  prend les bonnes décisions ? La France, seule, prend l’initiative et se lance dans un projet ambitieux. Sera-t-elle suivie par d’autres européens ? On le souhaite. Aura-t-elle les moyens de ses ambitions ? On l’espère…

La secrétaire d'État à la Transition écologique Brune Poirson (photo) détaille l'ambition du gouvernement pour limiter l'utilisation de plastique en France. Objectif : supprimer le « superflu » et aller vers le 100% recyclage.

Supprimer le superflu, recycler le reste, pour qu'au final une simple bouteille jetée « ne soit jamais un déchet ». Telle est l'ambition du gouvernement, qui s'attaque à un vaste chantier : la lutte contre le plastique. « On lance un mouvement, d'ailleurs scruté et suivi par nos partenaires européens », explique dans une interview au JDD Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. « Il faut transformer l'économie française », assure même celle qui vient de présenter une feuille de route sur l'économie circulaire avec, comme ambition, d'aller vers « 100% de plastiques recyclés en 2025 », contre 20% aujourd'hui.

Nous reproduisons, dans ce qui suit, de larges extraits de l’interview de la Secrétaire d’Etat :

 

La France a-t-elle déclaré la guerre aux plastiques ?

« Déclarer la guerre aux plastiques, cela ne suffit pas. Il faut transformer l’économie française. Aujourd'hui, on extrait des ressources de la planète pour fabriquer, par exemple, une bouteille en plastique qui passera quelques secondes dans nos mains et finira, si elle n’est pas recyclée, au mieux à la destruction par incinération mais généralement au fond d’un trou ou dans la mer. Il faut transformer ce système pour que notre économie devienne circulaire et que cette bouteille en plastique ne soit jamais un déchet, mais toujours valorisée ou transformée en autre chose. »

 

Comment fait-on, concrètement ?

« Avec une série de mesures cohérentes et toutes liées. D’abord, il faut renoncer aux usages superflus ou substituables : les pailles, les gobelets, les assiettes… Cela sera mis en œuvre en France d’ici au 1er janvier 2020. Fin juillet, nous avons lancé une « mission océans » dans le cadre du plan Biodiversité : début 2019, nous présenterons donc des actions complémentaires et spécifiques à la question de la pollution plastique et chimique dans les océans, dans laquelle nous préciserons la liste des produits à usage unique que nous voulons interdire. Nous y prendrons des mesures concrètes, contre le suremballage par exemple. Il y a urgence : les micro-algues et les coraux produisent 50% de l’oxygène que nous respirons et 20% des coraux ont déjà disparu. Sur les 80% restant, seul un tiers est en bonne santé. »

 

Pourquoi ne pas avoir inclue l’interdiction des pailles, des gobelets etc dans votre feuille de route ? Il a fallu un amendement du Sénat en ce sens…

« Cette feuille de route ce sont 50 mesures globales et concrètes qui résultent d’un travail de consultation et de concertation de plus de 5 mois. Centrer les discussions sur l’interdiction des plastiques à usage unique cela aurait été se focaliser sur l’arbre qui cache la forêt. On se réfugie derrière des mesures faciles, on donne l’illusion d’avoir résolu la question, alors qu’en réalité on n’en traite qu’une toute petite partie… Mais nous avons travaillé avec les parlementaires pour que cet amendement soit adopté en complément de notre travail, avec le soutien du gouvernement. »

 

Dans votre feuille de route sur l’économie circulaire, vous visez 100% de plastique recyclés en 2025, alors que la France n’en est aujourd’hui qu’à 20% selon les chiffres du ministère. C’est un vrai objectif ou une utopie ?

« Le Président de la République a fixé cet objectif et pour la première fois en France, un Premier ministre s’est engagé sur cette question. Cet objectif est un horizon collectif qui permet de mobiliser. C’est là l’enjeu : créer un électrochoc pour sortir du ronronnement du système actuel dans lequel de nombreux acteurs ne s’étaient par exemple simplement jamais mis autour d’une table ! »

 

Dans votre plan, vous comptez sur la bonne volonté des industriels. Est-ce suffisant ?

« On lance un mouvement qui est d’ailleurs scruté et suivi par nos partenaires européens. En imposant tout de suite des normes et des contraintes, on aurait provoqué une levée de boucliers et bloqué les discussions. A ce jour, 55 fédérations industrielles ou entreprises du secteur se sont déjà engagées à doubler la quantité de plastique recyclé intégrée dans leurs produits. D’autres suivront. Si dans deux ans, le compte n’y est pas, alors on passera au règlement. Notre objectif, c’est de mettre ainsi en place de véritables filières industrielles. Et il y a urgence : la Chine a fermé ses frontières à certains déchets plastiques qu’on lui envoyait. Il faut en faire une opportunité. A Chalons-en-Champagne par exemple, il y a une pépite industrielle emblématique de ce que nous voulons soutenir : cette petite entreprise est la seule en Europe à savoir recycler les plastiques souples, comme les sacs et films plastiques. C’est un champion économique en puissance, avec des emplois à la clé. »

 

En dehors des bouteilles et flacons, moins de 3% des emballages en plastique triés sont au final recyclés. Cela ne sert donc à rien de trier ses déchets ?

« Au contraire ! Ces déchets plastiques sont la matière première dont on a besoin pour créer ces filières industrielles. Pour y parvenir, nous allons déployer un système de bonus-malus allant jusqu'à 10% du prix des produits pour mobiliser le consommateur. Demain, quand il aura le choix entre deux bouteilles, l’une fabriquée en plastique recyclée l‘autre non, la première sera moins chère ! »

 

Quand ce bonus-malus sera-t-il mis en place ?

« Nous voulons l’activer dès 2019 et le faire monter en puissance. Nous allons aussi clarifier l’étiquetage. Prenez le Point vert : 95% des Français pensent en le voyant que le produit est recyclé ou recyclable. Pas du tout. Cela signifie juste que l’entreprise verse une contribution à un éco-organisme. D’ici 2020, nous aurons mis en place un logo qui dira vraiment si un produit a été fabriqué avec du plastique recyclé ou s’il est recyclable : le triman. »

 

Même les bouteilles plastiques, produit recyclable par excellence, ne sont recyclées qu’à 60%. Pourquoi ?

« Car avant de recycler, il faut collecter. Et là, nous devons encore nettement progresser. A Paris ou Marseille moins d’une bouteille sur dix est collectée. Et les erreurs de tri sont nombreuses. Par exemple, si vous habitez dans Paris, vous devez jeter vos plastiques dans la poubelle jaune. Mais si vous travaillez à quelques kilomètres de là, à Malakoff, c‘est dans la bleue ! Nous voulons donc uniformiser la couleur des poubelles pour créer des automatismes. Autre absurdité : en France, cela coûte moins cher pour une commune d’enfouir les déchets que de les recycler. C’est pour cela que nous voulons augmenter la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes, NDLR) sur l’enfouissement et baisser la TVA sur le recyclage. »

 

Quand Edouard Philippe a évoqué ces deux mesures, il n’a pas fixé de calendrier. Allez-vous vraiment le faire ?

« Bien sûr car c’est nécessaire et c’est le programme présidentiel. Nous devons afficher une trajectoire fiscale claire pour les prochaines années pour permettre aux collectivités et aux citoyens de s’adapter, sans que cela ne pèse sur les finances des villes qui s’engagent. »

 

Vous vouliez créer un système de consigne pour les bouteilles en plastique, mais vous semblez reculer…

« Pas du tout ! Nous allons mobiliser à l’automne des villes pilotes volontaires pour mettre en place un système de consignes solidaires : quand vous déposerez une bouteille en plastique, cela contribuera à financer un fonds en faveur d’une grande cause. L’horizon que l’on se fixe est bien la mise en place d’un pur système de consigne –avec caution- à l’échelle de tout le territoire français. Mais nous ne pouvons pas le faire du jour au lendemain. Il y a des territoires qui ont de très bons systèmes de collecte. En allant trop vite, nous risquerions de tuer des comportements déjà vertueux. » 

 

Souhaitez-vous que la France sorte du plastique, en recherchant des produits de substitution ?

« La perspective n’est pas l’interdiction mais le recyclage. Mais il faut radicalement changer les comportements comme par exemple intensifier la vente en vrac et ne pas être naïfs : on a besoin du plastique pour certains usages. Pour limiter son impact sur l’environnement il doit donc être recyclé et produit en émettant le moins de CO2 possible. Une bouteille en plastique recyclé émet 70% de C02 en moins que celle en plastique vierge ! »

 

Des Français se mobilisent contre le suremballage dans les grandes surfaces. Qu’en pensez-vous ?

« Je soutiens totalement des initiatives comme "plastic attacks". Il y a une prise de conscience des consommateurs, qui font pression sur les industriels. Nous aussi, nous nous agissons : lorsque le plastique non recyclé sera plus cher, cela éliminera beaucoup de suremballage… »

 

 

 

Source : LeJDD.fr  11-08-2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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