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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 19:30
CORSE : LA REPONSE FERME D’EMMANUEL MACRON AUX NATIONALISTES

 

Dans un discours prononcé à l'issue de son déplacement en Corse, mercredi 7 février, Emmanuel Macron a détaillé son ambition pour l'île et répondu à quelques-unes des revendications des dirigeants nationalistes.

 

La Corse est une "spécificité dans la République" mais en aucun cas en dehors de la République. Tel est le message martelé par Emmanuel Macron mercredi 7 février, au deuxième jour de son déplacement sur l'île. Dans un discours de plus d'une heure, à Bastia, le chef de l'Etat a répondu aux dirigeants nationalistes, issus des élections de décembre et qui attendent de Paris une réponse favorable à plusieurs de leurs revendications. « Dire que la Corse est au cœur de la République, ce n'est pas faire l'éloge de l'uniformité », « demeurer dans le giron de la République, ce n'est pas perdre son âme ni son identité », « l'identité corse ne doit pas être un ferment de division », a ainsi enchaîné le Président.

Une réponse plutôt ferme aux aspirations autonomistes, qui intervient à l'issue d'une visite sous tension : le bras de fer à distance entre l'exécutif et les dirigeants de l'île a rythmé la préparation de ce déplacement. Un peu plus tôt, mardi, les principaux dirigeants nationalistes corses avaient même marqué leur mécontentement en boycottant un déjeuner avec le Président. Devant eux, Emmanuel Macron leur a rappelé leurs responsabilités - ils sont à la tête d'une nouvelle collectivité déjà largement dotée de compétences propres, a-t-il fait savoir. Et sur le fond, il s'est dit favorable à sanctuariser le statut de la Corse dans la Constitution... tout en fermant la porte à d'autres demandes.

 

Sur le logement, Macron dit non à la préférence locale

Il s'agit de l'une des principales revendications des nationalistes : la création d'un statut de résident pour permettre une préférence locale en faveur de ceux qui vivent en Corse depuis plus de cinq ans. « La mise en place d’un statut de résident n’est pas la bonne réponse », a tranché Emmanuel Macron mercredi. Il a qualifié cette proposition d' « impasse juridique » - puisqu'il l'a qualifiée de « contraire à notre Constitution et au droit européen » - et de « mauvaise réponse », car cela créerait selon lui « des effets de rente » et que cela ne réglerait selon lui « en rien les problèmes de construction » sur l'île. Il avait rappelé auparavant que le logement en Corse était « devenu un problème endémique ». Et a par ailleurs a promis de simplifier la réglementation pour mettre fin aux « situations ubuesques » liées à la loi Littoral dans ce territoire.

 

Des impôts locaux, oui, mais il y aura alors une baisse des dotations de l'Etat

Avec la collectivité unique créée en 2018, « la Corse bénéficiera des nouvelles ressources confiées par l'Etat », a rappelé Emmanuel Macron. Le Président a dit « entendre » le souhait de refondre la fiscalité locale et s'est dit favorable à davantage de "liberté" qui pourrait être donnée aux autorités locales pour des prélèvements locaux. Mais, a-t-il aussitôt prévenu, « plus il y aura de fiscalité transférée, moins il y aura de dotation » de la part de Paris. « Etre autonome, c'est assumer ce choix [...] Il n'y a pas de République magique non plus », a fait savoir le chef de l'Etat. Qui s'est voulu encore plus clair quelques secondes plus tard : tout nouvel impôt local sera accompagné d'une « baisse de dotation ».

 

Macron pour le bilinguisme, pas la co-officialité entre le corse et le français

La langue corse « doit être bien entendue être préservée », « je suis tout à fait favorable au fait de parler la langue corse », a convenu Emmanuel Macron... Pour mieux rappeler les efforts de l'Etat en ce sens et faire un constat mitigé : « Contrairement à d’autres langues dans notre République, il n'y a pas la progression qui soit à la hauteur de ces investissements », a-t-il constaté. Le Président veut donc « trouver les bonnes méthodes » pour être « collectivement plus efficace ». Mais a fixé sa ligne rouge : « Le bilinguisme, ce n'est pas la co-officialité » du corse avec le français, comme le réclament les autonomistes. « Il y a une langue officielle et c'est le français », a-t-il fait valoir. Selon lui, le bilinguisme est donc le seul à pouvoir être encouragé tant que cela reste une « ouverture » et ne relève pas « de l'esprit de l'entre-soi ». Il a notamment fait savoir que l'on ne pouvait pas réserver des emplois à ceux qui parlent le corse.

 

La Corse sera bien mentionnée dans la Constitution, reste à savoir ce qu'il faut en dire

L'annonce est intervenue en fin de discours. Emmanuel Macron«entend » et « respecte » la demande des dirigeants nationalistes, et à travers eux des électeurs corses lors des dernières élections de décembre : faire inscrire la Corse dans la Constitution, ce qui pourrait permettre le cas échéant une autonomie fiscale comme dans certains territoires d'Outre-mer. « Reconnaître la singularité de la Corse, j'y suis prêt », a déclaré le Président, en confirmant donc que ce point sera compris dans le cadre de la réforme constitutionnelle préparée par le gouvernement pour le mois de mars. Mais pour dire quoi? Là est justement la question. Emmanuel Macron en appelle aux élus corses pour "déterminer le contenu exact de cet article" ce mois-ci. « Et je vous le dis franchement : nous aurons ce débat en bonne foi [...] parce que je veux que la Corse réussisse », a-t-il fait savoir, tout en prévenant qu'il ne s'agira pas « d'un pas qui en entraînera » d'autres. Comprenez : ce n'est pas une porte de sortie de la République qui sera proposée aux Corses, au contraire.

 

En résumé, Emmanuel Macron à claqué toutes les portes sauf une : l’inscription de la Corse dans la Constitution et encore, à condition que les dirigeants de l’île veuille bien participer au dialogue pour trouver les bonnes formulations. Comment vont réagir les nationalistes corses qui, ce même mercredi 7 février, ont refusé de participer au déjeuner avec le Président de la République ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

facon 08/02/2018 16:15

Alors que le Président a eu une attitude fort courageuse et brillante en Corse, le ministre de l’Agriculture vient, lui, de capituler en rase campagne en décidant de réviser ses options sur la PAC. Grâce à lui l’image d’un Etat fort laisse place à celle du retour de la Hollandie toujours à la recherche du consensus. Cette attitude scandalise toute la population. Il suffit de lire le journal local «La dépêche du midi» pour s’en persuader. Le mot qui revient le plus souvent est «lamentable»

Depuis 10 jours les agriculteurs bloquent les autoroutes, les centres névralgiques, Airbus, Blagnac et les rocades créant des embouteillages monstres que les travailleurs, artisans, commerçants … ne supportent plus. Plus grave encore ils ont détruits des ouvrages publics, des voies ferrées et pollué en brulant des pneus.

Les faits n’ayant pas été médiatisés, probablement en raison des caprices de la météo, la France, ignorante, échappe à ces péripéties locales. Mais avec près de 6 millions d’habitants la «perte en ligne» ne va pas être neutre chez les électeurs de la REM. L’Occitanie va constituer un excellent test pour les régionales. En haute Garonne sur huit députés socialistes six ont été remplacés par un candidat de la REM et une élection invalidée.

Une fois encore les français retraités ne comprennent pas le sort qui leur est réservé et, ne possédant ni tracteurs, ni camions, ni fumier, ni pneus usagés, ils sont convaincus d’être le maillon faible de la rénovation avancée par le Président. Retraites bloquées, taxes nouvelles, CSG … ils ont forcément la couenne sensible.

Démonstration est ainsi faite, une fois de plus, que seule la violence paie et que l’Etat n’est en fait que «virtuel» quand, revenant sur sa décision sous la contrainte du désordre, il a laissé inutilement une catégorie sociale pourrir la vie des autres. Cet épisode pose clairement la question de savoir si la solution ND des Landes était techniquement la bonne. En opportunité peut être ? Les syndicats ouvriers vont devoir méditer sur leurs formes d’action ou organiser les manifs en association avec la FDSEA.

Les agriculteurs bretons «bonnets rouges» avaient également obtenu, par la violence le retrait du projet de taxe sur les camions qui nous coûtera chaque année 1,3 milliard d’euros sans prendre en compte la construction des portiques, leur destruction et l’indemnisation du prestataire …

Tout ceci est scandaleux : on ne gère pas un Etat sous la contrainte. Si tel est le cas alors réduisons drastiquement le nombre de CRS !!!

Si le Président est courageux ses ministres doivent l’être tout autant. Imprévoyance ou faiblesse de ses services ? Qu’importe, le message est reçu, l’agriculture est bien «une espèce protégée».

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