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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 09:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  ROBESPIERRE (47/50)

 

Bataille de FLEURUS – 26 juin 1794 ( 8 Messidor an II)

 

 

 

 

L'OPPOSITION S'ORGANISE : JUIN - JUILLET 1794

  

 

 

 

 

    La Fête de l’Etre Suprême aura sans doute réussi à faire rêver, pour un temps au moins, les habitants de la capitale. Elle n’aura pas suffi à rendre au peuple de France la confiance dans ses dirigeants. Le peuple, en particulier celui des grandes villes, a manifesté très clairement son soutien au gouvernement lorsque celui-ci décidait de châtier tous ceux qui, de près ou de loin, étaient associés au complot aristocratique, mais aujourd’hui le peuple a peur. L'ampleur de la répression, durant les mois de Juin-Juillet 1794, a détaché du gouvernement révolutionnaire la grande majorité des sociétés populaires. Les autres, la bourgeoisie possédante, les commerçants qui prennent parfois des « libertés » avec les décrets imposant le maximum, les ouvriers qui voient leur revenu baisser, tous constituent, chaque jour davantage, une opposition sourde au Comité de Salut Public et à Robespierre en particulier. On diffuse, sous le manteau, de fausses listes de proscriptions qui, dit-on, sont rédigées par Robespierre lui-même...

 

    A cette opposition s'en ajoute une autre qui tient plus du règlement de comptes. Robespierre a voulu faire payer Tallien, au travers de sa maîtresse Thérésa Cabarrus. C'est également par une femme que les ennemis de l'Incorruptible ont décidé de se venger en montant une affaire rocambolesque..

    Vilate, un proche de Barère, vient de révéler, dans une brochure intitulée « Les Mystères de la Mère de Dieu dévoilés », une sombre histoire de spiritisme mêlé de sorcellerie. Vadier (1) reprend à la Convention un rapport de Barère qui fait le point sur l'affaire Catherine Théot, celle que l'on appelle justement « la Mère de Dieu ». On évoque les réunions qu'elle organise chez elle en présence de « personnalités importantes », les discours qui se tiennent là au sujet des rapports singuliers qui existeraient entre les événements de la Révolution et beaucoup de passages de l'Ecriture.

    On rit beaucoup à la Convention, ce jour là, en écoutant cette histoire farfelue. Certains députés en séance ont d'autres raisons de rire que l'absurdité de l'histoire racontée par Vadier. Ils savent déjà que, lors de l'arrestation de Catherine Théot, on a retrouvé, sous son lit, une lettre qu'elle aurait écrite à Robespierre et qui serait mystérieusement revenue chez elle. Elle qualifie dans cette lettre Robespierre de « Fils de l'Etre Suprême », « Rédempteur du genre humain », « Messie désigné par les prophètes »..... On dit aussi qu'une belle sœur du menuisier Duplay, le logeur de Maximilien Robespierre, aurait fréquenté Catherine Théot ! Même si tout ce qui se dit à des relents de ragots, il règne tout de même un climat de plus en plus douteux autour de Robespierre.

 

    L'opposition se développe également au sein même du Comité de Salut Public. Des débats violents opposent, de plus en plus fréquemment, les Carnot, Lindet, hommes de la Plaine ralliés à la Montagne, aux extrémistes que sont Billaud-Varenne et Collot d'Herbois. D'autant plus que si Robespierre règne en maître au Comité, il n'épargne à ses collègues ni ses critiques ni même ses sarcasmes. Déjà dans le courant du mois de Mai (Floréal) Carnot et Saint-Just* se sont heurtés très vivement à plusieurs reprises. Coups de gueules au début, entre les deux hommes qui avaient en charge, l'un et l'autre, les affaires de la guerre et qui fatalement n'étaient pas toujours du même avis. Puis bientôt, apparaissent de violentes altercations et même des menaces. Carnot un soir, pris d'une terrible colère, crie à Saint-Just* et à Robespierre : « Vous n’êtes que des dictateurs ridicules ! »

    Des heurts violents opposent également le tandem d’extrémistes Collot d'Herbois et Billaud-Varenne à Robespierre.

    Le 29 Juin (11 Messidor an II), on aborde au Comité le sujet de Catherine Théot et des accusations portées contre Robespierre. Ce dernier se laisse aller, lui aussi, à une très violente colère à la suite de laquelle il quitte la séance du Comité en claquant la porte : « Sauvez la patrie sans moi !... »  Il ne reparaîtra que le 23 Juillet (5 Thermidor an II), après vingt-cinq jours d'absence.

    Il pense, sans doute, que son absence va calmer les esprits et ressouder le Comité. En fait, cette longue absence ne va pas produire du tout l'effet escompté. Elle va surtout permettre à ses adversaires de s'organiser.

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  ROBESPIERRE (47/50)

 

Marc-Guillaume-Alexis VADIER

Portrait peint sur une tabatière lui ayant appartenu.

 

 

    Eloigné du Comité de Salut Public, Robespierre a cependant gardé le contact avec la société des Jacobins en escomptant bien y trouver l'appui nécessaire pour triompher de ses ennemis. Les robespierristes, dira J. Michelet, « brandissent bien haut le drapeau de la Terreur » et, le 1er Juillet (13 Messidor an II), dénonçant une nouvelle fois les factions, il tente de justifier son attitude à la tribune du Club :

 

« Il est temps peut-être que la vérité fasse entendre dans cette enceinte des accents aussi mâles et aussi libres, que ceux dont cette salle a retenti dans toutes les circonstances où il s’est agi de sauver la patrie. »

« Quand le crime conspire dans l’ombre la ruine de la liberté, est-il, pour des hommes libres, des moyens plus forts que la vérité et la publicité ? Irons-nous, comme les conspirateurs, concerter dans des repaires obscurs les moyens de nous défendre contre leurs efforts perfides ? »

« Irons-nous répandre l’or et semer la corruption ? En un mot, nous servirons-nous contre nos ennemis des mêmes armes qu’ils emploient pour nous combattre ? Non. Les armes de la liberté et de la tyrannie sont aussi différentes que la liberté et la tyrannie sont opposées. Contre les scélératesses des tyrans et de leurs amis, il ne nous reste d’autre ressource que la vérité et le tribunal de l’opinion publique, et d’autre appui que les gens de bien. »

 

« On juge de la prospérité d’un état, moins par les succès de l’extérieur que par l’heureuse situation de l’intérieur. Quand les factions sont audacieuses, quand l’innocence tremble pour elle-même, la république n’est pas fondée sur des bases durables. »

« Je dénonce ici aux gens de bien un système odieux qui tend à soustraire l’aristocratie à la justice nationale, et à perdre la patrie en perdant les patriotes; car la cause de la patrie et celle des patriotes, c’est la même chose. »

 

« De tout temps les ennemis de la patrie ont voulu assassiner les patriotes au physique et au moral. Aujourd’hui, comme dans tous les temps, on s’efforce de jeter sur les défenseurs de la république un vernis d’injustice et de cruauté : on dénonce comme des attentats contre l’humanité la sévérité employée contre les conspirateurs. Celui qui protège et favorise ainsi les aristocrates combat par là même les patriotes : il faut que la révolution se décide par la ruine des uns ou des autres. »

 

« L’homme humain est celui qui se dévoue pour la causé de l’humanité, et qui poursuit avec rigueur et avec justice celui qui s’en montre l’ennemi; on le verra toujours tendre une main secourable à la vertu outragée et à l’innocence opprimée. »

« Le barbare est celui qui, sensible pour les conspirateurs, est sans entrailles pour les patriotes vertueux; les mêmes hommes qui se laissent attendrir pour l’aristocratie sont implacables pour les patriotes. La « faction des indulgents », sont des termes par lesquels on a cherché à caractériser les anthropophages, dont l’humanité consiste à parer les coups portés aux ennemis de l’humanité, pour leur donner la facilité d’en porter de nouveaux aux patriotes. Ce système ne doit avoir d’autre nom que celui de « contre-révolutionnaire », parce qu’il tend à égorger les défenseurs de la patrie, et à jeter sur eux une teinte affreuse de cruauté. La faction des indulgents est confondue avec les autres; elle en est l’appui et le soutien. Le premier devoir d’un bon citoyen est donc de la dénoncer en public. Je ne prendrais pas aujourd’hui la parole contre elle, si elle n’était pas devenue assez puissante pour essayer de mettre des entraves à la marche du gouvernement. »

 

« Tandis qu’un petit nombre d’hommes s’occupe avec un zèle infatigable aux travaux qui leur sont imposés par le peuple, une multitude de fripons et d’agents de l’étranger ourdit dans le silence une combinaison de calomnies et de persécutions contre les gens de bien. Déjà sans doute on s’est aperçu que tel patriote qui veut venger la liberté et l’affermir est sans cesse arrêté dans ses opérations par la calomnie, qui le présente aux yeux du .peuple comme un homme redoutable et dangereux. Elle fait donner à la vertu l’apparence du crime, et à la bassesse du crime la gloire due à la vertu. »

« Chaque jour elle invente de nouveaux forfaits pour réussir dans ses affreux complots; ce sont les « indulgents » qui ne cessent de s’en servir comme d’une arme terrible. Cette faction, grossie des débris de toutes les autres, réunit par le même lien tout ce qui a conspiré depuis la révolution; elle a profité de l’expérience pour renouer ses trames avec plus de perfidie : aujourd’hui, elle met en œuvre les mêmes moyens employés jadis par les Brissot, les Danton, les Hébert, les Chabot, et tant d’autres scélérats. »

 

« Plusieurs fois on a vu les comités de salut public et de sûreté générale attaqués eu masse; aujourd’hui, on aime mieux attaquer les membres en particulier, pour parvenir à briser le faisceau. Autrefois, on n’osait pas diriger ses coups contre la justice nationale; aujourd’hui, on se croit assez fort pour calomnier le tribunal révolutionnaire et le décret de la Convention concernant son organisation; l’on va même jusqu’à révoquer en doute sa légitimité. Vous sentez toute l’importance de cette machination; car détruisez la confiance accordée aux patriotes, et alors le gouvernement révolutionnaire est nul, ou il est la victime des ennemis du bien public, et alors l’aristocratie triomphe. Détruisez le tribunal révolutionnaire, ou composez-le de membres agréables aux factieux; comment pourrez-vous espérer de rompre les fils des conspirations, si la justice est exercée par les conjurés eux-mêmes ? »

 

« Les despotes et leurs satellites savent bien que lorsqu’un patriote succombe, d’autres patriotes succombent aussi, et la cause du patriotisme éprouve le même sort. Ils croient pouvoir nous amener à nous détruire les uns les autres, par la défiance qu’ils veulent exciter parmi nous. Ils affectent de présenter aux citoyens les travaux de la Convention nationale comme ceux de quelque individu. »

« On a osé répandre dans la Convention que le tribunal révolutionnaire n’avait été organisé que pour égorger la Convention elle-même; malheureusement, cette idée a obtenu trop de consistance. En un mot, je le répète, aujourd’hui les premières tentatives faites pour détruire la liberté sont renouvelées avec des formes plus respectables. Le plus haut degré du courage républicain est de s’élever au dessus des considérations personnelles, et de faire connaître, au péril de sa vie et même de sa réputation, les perfidies de nos ennemis. »

 

« Quant à moi, quelque effort que l’on fasse pour me fermer la bouche, je crois avoir autant de droit de parler que du temps des Hébert, des Danton, etc. Si la Providence a bien voulu m’arracher des mains des assassins, c’est pour m’engager à employer utilement les moments qui me restent encore. »

« Les défenseurs de la patrie ont à combattre ordinairement les assassins et les calomniateurs; mais il est affreux d’avoir en même temps à répondre aux uns et aux autres. Qu’un homme arrange dans un cercle des actes d’accusation contre les patriotes, c’est un phénomène qui se réalise aujourd’hui. Les assassins et les calomniateurs sont les mêmes hommes envoyés ici par le tyran de Londres. On lit dans les papiers payés par l’Angleterre les mêmes choses que disent chaque jour des Français que je dénonce comme agents de l’Angleterre et de la tyrannie. »

 

« Qu’il me soit permis de parler de moi, dans une affaire qui n’est pas bien importante pour moi, du côté de l’intérêt personnel. A Londres, on me dénonce à l’armée française comme un dictateur; les mêmes calomnies ont été répétées à Paris: vous frémiriez si je vous disais dans quel lieu. A Londres, on a dit qu’en France la calomnie avait réussi, et que les patriotes étaient divisés; à Londres on fait des caricatures, on me dépeint comme l’assassin des honnêtes gens, des libelles imprimés dans les presses fournies par la nation elle-même me dépeignent sous les même traits. A Paris, on dit que c’est moi qui ai organisé le tribunal révolutionnaire, que ce tribunal a été organisé pour égorger les patriotes et les membres de la Convention nationale; je suis dépeint comme un tyran et un oppresseur de la représentation nationale. A Londres, on dit qu’en France on imagine de prétendus assassinats pour me faire entourer d’une garde militaire. Ici l’on me dit, en parlant de la « Renault », que c’est sûrement une affaire d’amourette, et qu’il faut bien croire que j’ai fait guillotiner son amant. C’est ainsi que l’on absout les tyrans, en attaquant un patriote isolé, qui n’a pour lui que son courage et sa vertu. »

 

« La vérité est mon seul asile contre le crime; je ne veux ni de partisans ni d’éloges: ma défense est dans ma conscience. Je prie les citoyens qui m’entendent de se rappeler que les démarches les plus innocentes et les plus pures sont exposées à la calomnie, et qu’ils ne peuvent rien faire que les tyrans ne cherchent à le tourner contre eux. »

 

« Quelle doit être la conduite des amis de la liberté, lorsqu’ils se trouvent dans la misérable alternative ou de trahir la patrie, ou d’être traités de tyrans, d’oppresseurs, d’hommes injustes et avides de sang, s’ils ont le courage de remplir leurs devoirs et la tâche que leur impose la Convention, et de préférer l’innocence opprimée à la horde exécrable des scélérats qui conspirent contre la liberté ? Trahissez ta patrie d’une manière adroite, bientôt les ennemis du peuple sont à votre secours. Défendez la cause de la justice, vous ne pourrez pas dire une parole sans être appelé tyran et despote; vous ne pourrez pas invoquer l’opinion publique, sans être désigné comme un dictateur. Ceux qui défendent courageusement la patrie sont exposés comme ils l’étaient du temps de Brissot; mais je préférerais encore au moment actuel celui où je fus dénoncé par Louvet, sous le rapport de ma satisfaction personnelle: les ennemis des patriotes étaient alors moins perfides et moins atroces qu’aujourd’hui. »

 

« L’accusation de Louvet est renouvelée dans un acte trouvé parmi les papiers du secrétaire de Camille Desmoulins, ami du conspirateur Danton; cet acte était près de paraître, lorsque le comité de sûreté générale l’a découvert et l’a renvoyé au comité de salut public. Les conjurés y citent tout ce qui s’est passé dans la révolution, à l’appui de leur dénonciation contre un prétendu système de dictature. « A examiner l’absurdité de la dénonciation, il serait inutile d’en parler, des calomnies aussi grossières ne sont pas faites pour séduire les citoyens, mais on verra qu’elles n’étaient préparées que comme un manifeste qui devait précéder un coup de main contre les patriotes. » (2)

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  ROBESPIERRE (47/50)

 

Jean-Lambert TALLIEN

 

 

    Accusé lui-même de dictature, Robespierre contre-attaque avec une vigueur qui, ce jour là, va en inquiéter plus d'un :

 

« Que direz-vous, si je vous apprends que ces atrocités n’ont pas semblé révoltantes à des hommes revêtus d’un caractère sacré, si parmi nos collègues eux-mêmes, il s’en est trouvé qui les ont colportées! » (2)

 

    Pour le moment, il n'est pas décidé à en dire davantage. Il veut simplement montrer sa détermination et prouver qu'il n'est pas dupe du jeu de certains, même si toutes les manigances qu'il soupçonne et qu'il dénonce se passent derrière son dos :

 

« Quand les circonstances se développeront, je m’expliquerai plus au long; aujourd’hui, j’en ai dit assez pour ceux qui sentent. Il ne sera jamais au pouvoir de personne de m’empêcher de déposer la vérité dans le sein de la représentation nationale et des républicains. Il n’est pas au pouvoir des tyrans et de leurs valets de faire échouer mon courage. »

« Qu’on répande des libelles contre moi, je n’en serai pas moins toujours le même, et je défendrai la liberté et l’égalité avec la même ardeur. Si l’on me forçait de renoncer à une partie des fonctions dont je suis chargé, il me resterait encore ma qualité de représentant du peuple, et je ferais une guerre à mort aux tyrans et aux conspirateurs ». (2)

 

   Ceux qui doutaient encore de la détermination de Robespierre sont maintenant prévenus : la guerre qu'il entend mener contre les conspirateurs sera une guerre sans merci !.....

 

    Seul, Robespierre l'est effectivement de plus en plus. Le parti de ses opposants gagne même les Jacobins où il a maintenant à faire face à des attitudes et à des discours hostiles, voire même, ce qui est pire, à un silence pesant qui lui fait entrevoir la menace. Pendant les trois premières semaines de Juillet, il va « secouer » les Jacobins pour les obliger à se dévoiler et à prendre clairement position en sa faveur. Le 9 Juillet (21 Messidor), il est de nouveau à la tribune :

 

« Si cette tribune est muette, ce n'est pas qu'il ne reste rien à dire; ce silence des Jacobins est l'effet d'un sommeil léthargique qui ne leur permet pas d'ouvrir les yeux sur les dangers de la Patrie (..) »

« On veut revenir aux Danton*, effrayer la Convention, la prévenir contre le Tribunal révolutionnaire (..) »

« Quand on voit des hommes se borner aux tirades contre les tyrans.. et derrière, s'opposer aux moyens utiles, se taire quand il faut parler, ne sacrifier les aristocrates que pour la forme, il est temps de les surveiller, de se mettre en garde contre leurs complots.. »  (3)

 

    Messidor est le mois des victoires aux frontières : le 7, les armées françaises entraient à Charleroi; le 8, c'était la victoire de Fleurus, puis les prises d'Ostende, Tournai, Bruxelles. Les villes conquises paient maintenant leur tribut à la République : Bruxelles, par exemple, paiera cinquante millions. La Révolution n'a plus les moyens de libérer les peuples voisins avec ses seuls bons sentiments !..

    Mais, malgré les victoires remportées par nos armées, Robespierre ne désarme pas. Aux Jacobins, il continue inlassablement à dénoncer les ennemis de l'intérieur :

 

« Il faut que ces lâches conspirateurs, ou renoncent à leurs complots infâmes, ou qu'ils nous arrachent la vie. Je sais qu'ils le tenteront, ils le tentent même tous les jours, mais le génie de la patrie veille sur les patriotes (..) »

« Je cherche à étouffer les germes de la division et empêcher qu'il ne se forme deux partis dans la Convention : j'invite tous les membres à se mettre en garde contre les insinuations perfides de certains personnages qui, craignant pour eux-mêmes, veulent faire partager leurs craintes. Tant que la terreur durera parmi les représentants, ils seront incapables de remplir leur mission glorieuse. »  (4)

 

    Le 13 Juillet (25 Messidor), Fouché refuse de s'expliquer aux Jacobins sur sa mission. Il sera exclu du Club dès le lendemain et, pour l'Incorruptible, il ne fait plus aucun doute qu'il est le chef de la conspiration.

 

« Je commence par faire la déclaration que l'individu Fouché ne m'intéresse nullement. J'ai pu être lié avec lui, parce que je l'ai cru patriote; quand je l'ai dénoncé ici, c'était moins à cause de ses crimes passés que parce qu'il se cachait pour en commettre d'autres, et parce que je le regarde comme le chef de la conspiration que nous avons à déjouer... Celui qui refuse de répondre à une société populaire dont il est membre est un homme qui attaque l'institution des sociétés populaires... »  (5)

 

    Robespierre est en train de s'appuyer de plus en plus sur le Club des Jacobins. Comme en 1792, la Société semble lui faire entièrement confiance.

 

    Une ultime conciliation, entre Robespierre et les autres membres du Comité, est tentée par ses fidèles amis Couthon et Saint-Just* les 22 et 23 Juillet (4 et 5 Thermidor an II), au cours d' une réunion qui regroupe les deux comités de Salut Public et de Sûreté Générale. « Nous sommes tes amis, nous avons toujours marché ensemble », dit Billaud à Robespierre. La conciliation échoue pourtant, par la volonté de Robespierre qui, déjà, a décidé de porter le conflit devant la Convention.

    Il est convaincu qu'il faut, une nouvelle fois, épurer l'Assemblée des membres les plus corrompus, les Fouché, Tallien, Bourdon. Il semble également convaincu que ces traîtres cherchent à l'isoler de ses amis. Comme à son habitude, il prend seul l'initiative de l'offensive.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)   VADIER ( Marc Guillaume Alexis ) : Né en 1736 il choisit une carrière militaire. Elu par le Tiers Etat du Comté de Foix aux Etats Généraux il est réélu à la Convention et vote la mort du roi.

Le 14 Septembre 1793 il entre au Comité de Sûreté Générale où il est l'un des artisans de la chute de Danton*. C'est lui aussi qui organise la cabale du Comité de Sûreté Générale contre Robespierre* à la création du Bureau de Police.

Après la chute de Robespierre*, il sera poursuivi comme ancien terroriste avec Billaud-Varenne*, Collot d'Herbois et Barère mais réussira à fuir avant la déportation.

Proscrit comme régicide il mourra à Bruxelles le 14 Décembre 1828.

 

(2)   Discours de Maximilien Robespierre au Club des Jacobins le 1er Juillet 1794 (13 Messidor an II)

 

(3)   cité par Jules MICHELET  "Histoire de la Révolution française"  op. cit. vol VII pages  289-290

 

(4)   cité par André STIL  "Quand Robespierre et Danton..."  op. cit. page 529

 

(5)   idem pages 530-531

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE :

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : ROBESPIERRE (48/50)

 

« J'AI BESOIN D'EPANCHER MON COEUR.. » : 26 JUILLET 1794   (8 THERMIDOR AN II)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

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