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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 09:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  ROBESPIERRE (24/50)

 

Lazare CARNOT – Député à l’Assemblée Législative - Portrait par Boilly.

 

 

 

 

ROBESPIERRE SIMPLE CITOYEN :

OCTOBRE – NOVEMBRE 1791

 

 

 

 

    Conformément au décret pris par l'Assemblée Constituante le 16 Mai 1791, sur proposition de Robespierre, l'Assemblée Législative ne comprend aucun député reconduit de l’Assemblée Constituante. Elle n’a sur ces bancs que des hommes « neufs ». Robespierre qui assiste, en tant qu’auditeur, à la séance inaugurale n'en connaît pratiquement aucun si ce n'est Carnot (1), ancien confrère de l'Académie d'Arras, avec lequel il n'a entretenu que des relations épisodiques. La Législative semble être, au niveau des forces en présence, la continuité de la Constituante : 136 de ses membres rallient le Club des Jacobins, 264 s'inscrivent aux Feuillants. Mais le groupe le plus important en nombre est encore le Centre. Un Centre qui comprend 345 membres et qui se veut indépendant, tout en restant attaché à la Révolution. Le 1er Octobre Robespierre redevient un simple citoyen; il ne va pas, pour autant, rester inactif, bien au contraire.

 

    Le 10 Juin dernier, il a été élu par l'assemblée électorale de Paris « accusateur public près le futur Tribunal du Département de Paris ». Il a dû, pour cela, démissionner de la charge de juge au Tribunal de Versailles qu'il occupait depuis Octobre 1790. Mais, l'installation de la cour parisienne n'étant pas encore effective, il dispose de quelques loisirs. Le 10 Octobre, il part pour Arras, sans doute pour se reposer, mais aussi pour régler des affaires personnelles. Là, il est accueilli en héros, dans une ville illuminée, par une foule d'admirateurs à laquelle il aura toutes les peines du monde à se soustraire.

    Encouragé par cet accueil triomphal, Robespierre consacre la fin du mois d'Octobre à parcourir sa province : Bapaume, Béthune, Lille, Arras. A chaque étape, il assiste à une ou plusieurs séances publiques des « Amis de la Constitution »; dans chacune de ces villes il est accueilli par le peuple, salué par la Garde Nationale mais ignoré, presque systématiquement, par les autorités locales. Encore que certains « aristocrates » semblent également se déplacer aussi, comme en témoigne Robespierre, lui-même, dans une lettre à son ami Duplay écrite de Bapaume :

 

« ...le directoire du district et de la municipalité, quoique aristocrates, ne dédaignèrent pas de venir me rendre visite en corps. A Arras, je fus surpris de voir les maisons de mes ennemis et des aristocrates (qui ne paraissent ici que sous la forme ministérielle ou feuillantine; les autres ont émigré) illuminées sur mon passage, ce que je n'ai attribué qu'à leur respect pour le vœu du peuple.. » (2)

 

    Et Maximilien poursuit, avec le récit des manifestations populaires qui, à l'évidence, lui ont procuré un immense plaisir :

 

«  Le peuple me reçut avec les démonstrations d'un attachement que je ne puis exprimer et auquel je ne puis songer sans attendrissement; il n'avait rien oublié pour me le témoigner; une multitude de citoyens étaient sortis de la  ville à ma rencontre. »  (2)

 

    Après ces deux mois de repos bien mérité sur sa terre natale, Robespierre rentre à Paris et retrouve son modeste logis chez les Duplay. Une seule fenêtre, une seule pièce, qui sert à la fois de bureau et de chambre à coucher. Au dehors, l'atelier de menuiserie de Maurice Duplay, une cour encombrée de planches, une bonne odeur de bois et de copeaux; quelques bruits de scies et de rabots. Robespierre a trouvé ici une famille; cette famille qui lui a tant manqué quand il était enfant. Il dîne et soupe à la table de ses hôtes et, quand par hasard, il a une soirée de libre, reste à bavarder avec eux.

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  ROBESPIERRE (24/50)

 

Jérôme PETION de VILLENEUVE – Elu Maire de Paris le 14 novembre 1791.

 

 

    Madame Duplay est comme une mère pour Maximilien : elle va au devant de tous ses désirs, parfois même les précède. Lui, ne se rend compte de rien.. La fille, Elisabeth Duplay, l'aime comme un frère. La famille Duplay comprend deux autres filles, Eléonore et Victoire, et un fils plus jeune, Jacques-Emile.

       Robespierre, bien sûr, a toujours tenu à payer sa pension à ses hôtes.

    Pour ce qui est de sa vie personnelle, on doit bien se contenter de suppositions après avoir écarté tous les ragots. Maximilien, que l'on voyait toujours entouré de femmes, et sur lesquelles il exerce, sans aucun doute, une grande fascination, vit-il vraiment seul ? Se contente-t-il d'aller chez les filles ? On dit qu'il aurait éprouvé quelque sentiment amoureux pour Eléonore Duplay et qu'elle aurait même été sa maîtresse pendant un temps. On l'aurait vu amoureux fou de Lucille Duplessis avant qu'elle n'épouse son ami Camille Desmoulins*. En fait, on ne sait rien, ou pas grand chose...

    Cette vie de solitude qu'on lui connaît, l'a-t-il en fait vraiment choisie ? N'a-t-il pas eu l'espoir que cette Révolution, dans laquelle il était engagé, allait un jour s'achever et lui permettre, enfin, de jouir d'une vie plus paisible et plus ordonnée.

    Plusieurs fois, ses amis l'on entendu évoquer "les jours paisibles dans les délices d'une douce intimité". Robespierre envisageait ces jours là comme un rêve; après...plus tard....

 

 

    En Novembre, le bruit court que Robespierre ambitionne la place de Maire de Paris laissée vacante par la démission de Bailly. C'est finalement son ami Pétion, candidat officiel des Jacobins, qui est élu le 14 Novembre en battant La Fayette*. Fait significatif : sur les 80 000 citoyens actifs inscrits sur les listes électorales, 70 000 ne votent pas (3). La lassitude qui avait envahi l'Assemblée Constituante, dans les dernières semaines de sa session, a gagné aussi le peuple de Paris !...

 

    Robespierre se réjouit du succès de Pétion pour lequel il éprouve une réelle amitié. Ensemble, ils se mettent au travail sur les deux thèmes les plus brûlants de cette fin d'année 1791 : l'agitation des émigrés et les menées contre-révolutionnaires des prêtres. Emigrés et prêtres sont en train de devenir deux forces agissantes avec lesquelles il va falloir compter.

    Les émigrés royalistes se rassemblent en effet à Coblentz et en Flandres autrichiennes, aidés par le gouvernement de ce pays et financés, peut être, par la liste civile de Louis XVI*.

    Quant aux prêtres, ils organisent à l'intérieur une résistance acharnée contre laquelle l'Assemblée Législative n'a, pour le moment, aucun remède.

 

 

 

 

 

 

 

(1) CARNOT (Lazare) est un mathématicien, physicien, général et homme politique français, né à Nolay le 13 mai 1753 et mort en exil à Magdebourg le 2 août 1823. Membre de la Convention nationale et du Comité de salut public, il est surnommé « L'Organisateur de la Victoire » ou « Le Grand Carnot ». Directeur, il est ensuite comte de l'Empire.

Lazare Carnot entre, très jeune, dans l'arme du génie en 1771, à l'âge de dix-huit ans. Passant pour un original parmi ses camarades, il n'a encore que le grade de capitaine au corps royal du génie lorsqu'il écrit, en 1783, l'éloge de Vauban qui est couronné par l'Académie de Dijon. Il refuse des propositions de service dans l’armée prussienne.

En 1786, Carnot, alors en garnison à Arras, entre à la société des Rosati fondée en 1778. En juin 1786, entre aux Rosati une future autre célébrité de la Révolution française à venir : Maximilien de Robespierre4.

Limité dans ses ambitions par la modestie de ses origines, Lazare Carnot se rallia à la Révolution française. Élu député du Pas-de-Calais en 1791 à l’Assemblée législative puis, en 1792, à la Convention, il siégea d'abord avec les députés de la Plaine avant de rejoindre les Montagnards. Membre du comité militaire, il fit décréter l'armement d'une nombreuse garde nationale et le licenciement de la garde du roi.

Membre du Comité de salut public en juillet 1793, délégué aux Armées, il créa les quatorze armées de la République. En 1793, envoyé comme inspecteur à l'armée du Nord, il destitua le général Gratien, accusé d'avoir reculé sur le champ de bataille, se mit lui-même à la tête des colonnes françaises, et contribua à la décisive victoire de Wattignies, près de Maubeuge, aux côtés du général Jourdan, le 16 octobre 1793.

Opposé à Robespierre sur les mesures sociales et à Saint-Just sur la conduite de la guerre2,3, il s'oppose à eux lors des 8 et 9 thermidor (26 et 27 juillet 1794).

 

 

(2)   cité par André STIL  "Quand Robespierre et Danton ..." op. cit. Page 158

 

(3)    Précisions données par Albert MATHIEZ "La Révolution française"

         La Manufacture, Lyon, 1989, page 160

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE :

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : ROBESPIERRE (25/50)

 

LA REVOLUTION MENACEE PAR LA GUERRE ET LES PRETRES  REFR ACTAIRES : NOVEMBRE-DECEMBRE 1791

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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