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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 09:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (28/35)

 

Transfert de Marie-Antoinette à la Conciergerie

 

 

 

 

 

LA REINE PEUT-ELLE ENCORE ETRE SAUVEE ?

MARS - AOÛT 1793

 

 

 

        Au-dehors, on connaît, ou plutôt on imagine très bien, la situation dramatique dans laquelle se trouve la Reine de France si bien que l'opposition royaliste, toute dévouée aux Bourbons, s'organise dans le plus grand secret. Le Chevalier de Jarjayes, le Baron de Batz, aidés par un des gardes de la tour du Temple, un dénommé Toulan, projettent de faire évader la Reine avec ses enfants. On met au point une évasion vers l'Angleterre et la date en est fixée au 8 Mars 1793. Mais, la veille, alors que la Vendée se soulève, l'armée autrichienne reprend Liège et l'on craint, à nouveau, une avancée des troupes ennemies vers la Capitale. Les contrôles sont immédiatement renforcés aux portes de Paris ; le projet d'évasion est donc remis à plus tard.. Ce changement de date s'accompagne, pour les amis fidèles de la famille royale, d'un changement de stratégie : pour limiter les risques, on décide d'organiser la fuite de la Reine seule, sans ses enfants. Marie-Antoinette commence par refuser tout net, comme elle l'a toujours fait, puis elle finit par se laisser convaincre et elle accepte.

    La veille du départ, elle change à nouveau d'avis : elle ne peut se résoudre à abandonner son fils. «  Mieux vaut mort que remords » dit-elle à Toulan qu'elle charge de remettre au chevalier de Jarjayes le billet suivant :

 

«  Nous avons fait un beau rêve. Voilà tout. Mais nous y avons beaucoup gagné, en trouvant dans cette occasion une nouvelle preuve de votre entier dévouement pour moi. Ma confiance en vous est sans bornes. Vous trouverez toujours en moi du caractère et du courage ; mais l'intérêt de mon fils est le seul qui me guide. Quelque bonheur que j'eusse éprouvé à être hors d'ici, je ne peux consentir à me séparer de lui. Je ne pourrai jouir de rien sans mes enfants, et cette idée ne me laisse pas même un regret. »  (1)

 

    Les deux tentatives d'évasion avortées n'ont cependant pas totalement découragé les partisans de la monarchie. De plus, parmi ces partisans, il y a les fidèles parmi les fidèles : Mercy, qui tente de convaincre l'Autriche de réclamer officiellement la Reine à la République française. Et puis il y a également Fersen qui, de son côté, tente d'acheter les responsables du Parti d'Orléans. Cette dernière idée fait d'ailleurs son chemin et voit même un début d'aboutissement avec la décision du général Dumouriez de marcher sur Paris à la tête de son armée pour rétablir la monarchie. Dumouriez a franchi le pas de la trahison mais l'armée refuse de le suivre. Il ne pourra échapper à la justice de la République qu'en passant la frontière pour traiter avec l'ennemi. (2)

 

    Le Baron de Batz, lui non plus, n'a pas renoncé : un à un il place des hommes sûrs au Temple pour relancer une nouvelle tentative d'évasion. Mais tous ses plans seront déjoués car le Temple est, de semaine en semaine, l'objet d'une surveillance de plus en plus poussée. Tous ceux qui, de près ou de loin, ont des rapports avec Marie-Antoinette vont, à partir du mois d'Avril, être considérés a priori comme des suspects et être soumis à des enquêtes approfondies de la part de la Commune. Le moindre doute sur leur loyauté envers la République et ils sont immédiatement remplacés.

    Avant de perdre ses derniers soutiens, la reine leur confie une ultime mission auprès du toujours dévoué Chevalier de Jarjayes. Elle fait passer au Chevalier un mot afin que celui-ci puisse rassurer Fersen.

 

« Quand vous serez bien en sûreté, je voudrais bien que vous puissiez donner de mes nouvelles à mon grand ami qui est venu me voir l’année dernière (…) Je n’ose pas écrire mais voici l’emprunte de ma devise (3).

« Mandez en l’envoyant que la personne à qui elle appartient sente que jamais elle n’a été plus vraie… »  (4)

 

    Marie-Antoinette ne verra plus maintenant au temple que des geôliers placés là par la Commune. Et encore, on les remplace fréquemment de crainte qu’ils n’établissent des liens avec la prisonnière. L’obsession de la conspiration règne à Paris !…

    Le 30 Juin, par exemple, on rapporte au Comité de Salut Public, un complot ourdi par le général Dillon qui aurait été sur le point d'enlever le Dauphin et de renverser la Convention nationale. Aussitôt le Comité réagit sans même chercher à faire la preuve de cette affaire. Le Comité décrète le 1er Juillet que le Dauphin sera séparé de sa famille et placé sous la garde permanente d'un "instituteur" choisi par la Commune. La Convention ratifie aussitôt le décret et l'arrêt est exécuté le 3 Juillet.

 

    Marie-Antoinette qui, depuis Varennes jusqu'au sombre matin du 21 Janvier, croyait avoir subi tous les outrages et vécu toutes les horreurs, voit, au soir du 3 Juillet, six municipaux se présenter au Temple et lui signifier le décret du Comité. Glacée de terreur à l'idée d'être séparée de son enfant, elle se dresse devant eux, puis les supplie et enfin se rebelle :

 

« Vous me tuerez avant de me l'arracher.. »

 

    Les municipaux insistent, menacent, se laissent aller à des injures, mais hésitent à employer la force ; ils n'ont pas d'ordre pour cela... La Reine résiste. Pendant près d'une heure, elle va tenir tête et serrer son fils contre elle. Une heure qui va lui paraître une éternité tant sa douleur est grande. Elle ne lâche le Dauphin que lorsque les municipaux, exaspérés, menacent de le tuer dans ses bras.

 

    Marie-Antoinette est à nouveau vaincue. Un à un, les êtres qui lui sont les plus chers lui sont enlevés. Elle ne va vivre maintenant qu'avec le seul espoir de serrer à nouveau Louis-Charles dans ses bras. Ses journées de captivité, si longues et si tristes, elle va dorénavant les passer à la fenêtre de la Tour, guettant l'instant du passage de son fils qui se rend à la promenade.

    Se souvenant qu'elle avait juré de ne plus jamais montrer ni sa faiblesse, ni ses larmes, elle n'hésite pourtant pas un seul instant avant de supplier ses geôliers, y compris Drouet, l'homme de Varennes, pour qu'on lui accorde la faveur de voir son fils au moins pendant les repas. Mais l'heure n'est plus aux faveurs, si petites soient-elles, les demandes répétées de Marie-Antoinette ne recevront que des réponses négatives.

    Le 1er Août 1793, la Convention décrète que Marie-Antoinette sera traduite devant le Tribunal révolutionnaire et transférée du Temple à la Conciergerie. Le décret est exécuté dès le lendemain : calme et résignée, Marie-Antoinette quitte sa belle sœur et sa fille pour ne plus jamais les revoir...

 

    De "l'appartement" du Temple, elle passe à une cellule dans laquelle règne, en ce mois d'Août, une canicule épouvantable. Pour toute compagnie on lui a laissé deux servantes, qui vont adoucir un peu les conditions de sa détention, et des gardes qui ne la quittent pas des yeux. On lui enlève tout : ses derniers bijoux, sa montre, ses aiguilles. On refuse de lui donner des nouvelles de ses enfants. La Reine est dans le dénuement le plus profond, elle n'a plus de linge et ne dispose plus que de deux robes dans lesquelles elle grelotte de froid dès les premiers jours de Septembre.

 

    Les amis du dehors, de moins en moins nombreux, n'ont cependant pas renoncé à la lutte. Il faut maintenant aller vite, très vite, et Fersen échafaude de nouvelles tentatives d'évasion. Fersen, jusqu'au bout, ne renoncera pas. Ultimes tentatives, désespérées et qui vont s'avérer aussi infructueuses que les précédentes...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)   Cité par Jean CHALON  "Chère Marie-Antoinette"  op. cit. Page 429.

 

(2)  Trahison de Dumouriez : battu à Neerwinden le 18 Mars 1793, Dumouriez conclut un accord avec le commandement autrichien prévoyant l'évacuation de la Belgique occupée par les troupes de la République et une marche sur Paris appuyée par l'armée autrichienne.

Il échouera devant Lille et Valenciennes, ses troupes refusant de marcher derrière lui. Il se livre alors aux Autrichiens le 5 Avril 1793.

 

(3)   La devise de Marie-Antoinette représentait un pigeon volant avec ces mots « Tutto a te mi guida ». Fersen ne recevra cette lettre que le 21 Janvier 1794.

 

(4)   Cité par Evelyne LEVER  « Marie-Antoinette »  op. cit. Page 636.

 

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE : 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (29/35)

 

ULTIME TENTATIVE D'ENLEVEMENT : AOÛT - SEPTEMBRE 1793

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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