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5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 09:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (11/35)

 

La Duchesse de Polignac

 

 

 

 

 

LA PRESSION DES POLIGNAC : DECEMBRE 1778 – JUIN 1780

   

   

 

 

    Marie-Antoinette est mère; son vœu le plus cher vient enfin de se réaliser. Dans certains cercles proches de la famille royale, on éprouve bien quelque amertume car on aurait, évidemment, préféré un dauphin. L'Impératrice d'Autriche est très probablement la plus dépitée. Elle presse donc Marie-Antoinette pour qu'elle soit de nouveau enceinte dans les délais les plus brefs. Le peuple, lui, manifeste sa joie : après sept ans d'attente, il commençait à ne plus y croire à cette royale naissance !..Le 19 Décembre, des fêtes solennelles sont données dans tout le royaume pour célébrer la naissance de Marie-Thérèse-Charlotte. Mais ce peuple qui se réjouit à l'occasion de la naissance de l'enfant royal est celui qui, dans quelques mois va manifester une belle indifférence vis à vis de la famille royale et, en particulier, vis à vis de la Reine. Le goût de la souveraine pour les frivolités, ses dépenses extravagantes, alors que le prix du pain ne cesse d'augmenter et que le climat est de plus en plus incertain, détournent de Marie-Antoinette ceux qui avaient mis en elle beaucoup d'espoir pour améliorer leur vie quotidienne. Ce phénomène est un peu plus perceptible à Paris ou à Versailles que dans les provinces, mais il ne va pas tarder à s'étendre.

     Ainsi, lorsqu'ils se rendent à la cérémonie à Notre Dame, le 8 Février suivant, les époux royaux reçoivent un accueil mitigé de la part d'une foule qui est certes nombreuse mais qui s’est déplacée plus par curiosité que par plaisir. Le déclin de la popularité de Marie-Antoinette est amorcé; il ne cessera plus maintenant de s'accentuer. Parfois elle se montre attristée de cet état de fait mais n'en modifie pas pour autant son comportement. Elle va même, durant cette année 1779, accumuler les scandales.....

 

    La série commence par « l'affaire de la rougeole ». La Reine, atteinte par cette maladie, se réfugie à Trianon pendant près de trois semaines. Rien de bien extraordinaire si ce n'est qu'elle se fait accompagner par ceux qui passent, aux yeux de tous, pour ses amants : Coigny, Guines, Besenval et Esterhazy. Le Roi lui-même se verra interdire les visites ! Les plaisanteries d'un goût douteux vont, bien sûr, alimenter les conversations de la Cour; on s'amuse même à désigner les quatre dames qui seraient choisies pour garder le Roi si,  à son tour,  il était frappé par la maladie.

    Les plaisanteries colportées par les courtisans ne suffiront pas à assombrir l'union des deux époux puisque Louis XVI* est, et demeure, d'une fidélité à toute épreuve. Marie-Antoinette, qui semble avoir suivi à la lettre les recommandations de sa mère, est de nouveau enceinte... mais elle fait une fausse couche.

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (11/35)

 

Jacques Necker, Ministre d'Etat, Directeur Général des Finances

 

 

    La Reine consacre désormais une part importante de son temps à s'occuper de l'éducation de sa petite Mousseline et, malgré cela, elle continue à s'ennuyer. Seuls le jeu et la compagnie de la Comtesse Jules parviennent à lui apporter quelques distractions. Certes, il y a le beau Fersen (1) qui, depuis quelques mois, est devenu un des familiers de Versailles. Le jeune suédois est tombé amoureux de la Reine et celle-ci éprouve un certain plaisir en sa compagnie. Il faudra que Fersen annonce, à la fin de l'été 1779, son départ pour les Amériques pour que Marie-Antoinette réalise « qu'elle a pour lui un certain penchant ». Les sentiments de la reine de France n’ont pas échappé à certains observateurs. L’ambassadeur de Suède rend compte à son roi Gustave III des motifs qui ont poussé le jeune officier à se lancer au secours des Insurgents d’Amérique : « Je dois confier à Votre Majesté que le jeune comte de Fersen a été si bien vu de la Reine que cela a donné ombrage à plusieurs personnes. J’avoue que je ne puis m’empêcher de croire qu’elle avait du penchant pour lui ; j’en ai vu des indices trop sûrs pour en douter. Le jeune comte de Fersen a eu dans cette occasion une conduite admirable par sa modestie et par sa réserve et surtout par le parti qu’il a pris d’aller en Amérique. En s’éloignant, il écartait tous les dangers, mais il fallait évidemment une fermeté au-dessus de son âge pour surmonter cette séduction. La reine ne pouvait le quitter des yeux les derniers jours ; en le regardant, ils étaient remplis de larmes. Je supplie Votre Majesté d’en garder le secret… »  (2)

 

    Malgré son insouciance naturelle, qui n'a pas varié avec le temps, Marie-Antoinette ressent, après le départ d’Axel de Fersen, un profond désarroi. D’autant plus que, vers la fin de l’année 1779, elle est confrontée à de très sérieux soucis d’argent. Ces soucis commencent même à l'inquiéter ce qui ne s'était encore jamais vu ! Son inquiétude provient du fait que Necker (3), qui a succédé à Turgot, est parvenu à convaincre le Roi qu'il fallait mettre de l'ordre dans "sa maison". La Reine est inquiète, certes, mais pas encore assez pour songer à s’arrêter de dépenser encore et encore, même si elle n'a plus la certitude que le roi puisse couvrir ses dettes, comme il l'a toujours fait. Une nouvelle série de faveurs est accordée aux Polignac : 400 000 Livres pour éponger les dettes de la Comtesse Jules, 800 000 Livres pour la dot de sa fille, une terre de 35 000 Livres de rentes puis, en Mars 1780, une pension de 30 000 Livres pour le Comte de Vaudreuil, l'amant de la Comtesse Jules à qui on accorde, de surcroit, la charge de grand fauconnier de France bien que la fonction soit tombée en désuétude !.. L’abbé de Polignac est fait évêque de Meaux !.. Diane de Polignac est placée à la maison de la jeune belle-sœur de Marie-Antoinette : Madame Elisabeth.. La Comtesse Jules est maintenant enceinte ; comment la Reine pourrait-elle lui refuser quoique ce soit ?

   Les finances de Marie-Antoinette, remises à flot à la fin de l'année dernière, sont à nouveau dans le rouge alors que l'on n'est même pas à la fin du mois de Mars. Mais qu'importe, le Roi a encore couvert, malgré la rigueur promise par Necker, alors à quoi bon s'inquiéter ? Avec l'été commence une nouvelle période Trianon. Marie-Antoinette délaisse Versailles pour Trianon où elle s'adonne à sa toute nouvelle passion pour le théâtre avec, pour seul public, Louis XVI* qui s'en montre enchanté. Plus d'étiquette, plus de contraintes, plus de courtisans autour de la Reine de France qui, au théâtre, se plaît à jouer les rôles de servantes. Enfin elle peut retrouver les joies de cette liberté qu'elle avait connue à la Cour de Vienne dans son enfance et à laquelle, dès ses seize ans, elle avait dû renoncer pour tenir son rang. Douce quiétude, joyeuse insouciance, la Reine est heureuse. Les soucis d'argent, les recommandations de son frère Joseph, les sermons de sa mère, comme tout cela est loin maintenant....

 

    Il y a bien Mercy-Argenteau qui ne cesse de lui répéter ses conseils et ses mises en garde. Mais qu’importe !…

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  FERSEN est arrivé pour la première fois à Versailles en Août 1778.

 

(2)  Cité par Claude DUFRESNE  « Le Cœur de la Reine »  op. cit. page 109.

 

(3)  NECKER (Jacques) : Né à Genève le 30 Septembre 1732, il vient s'établir à Paris et, bénéficiant d'une réputation de financier, devient Directeur des Finances de 1777 à 1781. Il est alors renvoyé pour avoir dénoncé les gaspillages de la Cour.

Nommé à nouveau à ce poste le 25 Août 1788, il fait admettre à Louis XVI* la convocation des Etats Généraux. Renvoyé une nouvelle fois le 11 Juillet 1789, ce limogeage provoquera l'insurrection parisienne et il sera rappelé le 29 Juillet suivant.

Il donnera sa démission en Septembre 1790 et retournera en Suisse dans une totale indifférence. C'est là qu'il mourra en Avril 1804.

 

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE : 

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (12/35)

 

LA REINE FAIT LES MINISTRES ET DONNE UN HERITIER AU TRONE : JUILLET 1780 – OCTOBRE 1781

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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