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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 09:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE  (10/35)

 

Charles Gravier, Comte de Vergennes, Ministre des Affaires Etrangères

 

 

 

L'ENTREE EN POLITIQUE : 1778

   

 

 

 

    Le 30 Novembre 1777 survient un événement qui, subitement, va rappeler à Marie-Antoinette ses origines autrichiennes : Maximilien-Joseph, Electeur de Bavière, meurt sans héritier. Or l’Autriche convoite ces territoires de Bavière depuis des décennies. L’occasion est trop belle de pouvoir s’emparer de la Bavière sans avoir à livrer bataille ; impossible pour Joseph II de la laisser passer. Dès le 15 Janvier 1778, il occupe donc la Basse Bavière, provoquant la réaction immédiate de Frédéric II de Prusse qui, de son côté, masse des troupes sur les frontières de Bohème. S’il doit y avoir un partage de la Bavière, la Prusse veut évidemment obtenir sa part du gâteau !…

    Marie-Thérèse qui, à de nombreuses reprises, a recommandé à sa fille de ne surtout pas se mêler des affaires de l'Etat, supplie maintenant Marie-Antoinette de faire tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir l'alliance franco-autrichienne scellée par son mariage. C’est à dire qu’elle demande expressément à Marie-Antoinette de faire en sorte que la France soutienne l’Autriche dans son intervention en Bavière !…

    A peine a-t-elle appris la nouvelle que Marie-Antoinette se précipite chez le Roi, persuadée que, comme d'habitude, elle n'aura aucune difficulté pour le convaincre. Trop tard : ordre vient d'être donné aux ministres de faire savoir que la France désapprouve l'occupation de la Bavière par les troupes autrichiennes. Louis XVI*, pour une fois, vient de prendre une décision nette et rapide ! Sans intervention de la France, la guerre est plus que probable et, ce que ne sait pas Marie-Antoinette, car ces affaires sont bien loin de ses préoccupations du moment, c'est que l'armée autrichienne est très inférieure, à la fois en nombre et en puissance, à l'armée prussienne.

 

    Avec l'insouciance qui la caractérise, Marie-Antoinette, laisse donc l'affaire en l'état. Puisque la France a pris position officiellement, elle n'a donc plus de rôle à jouer dans ces questions militaires auxquelles elle ne comprend d'ailleurs pas grand chose ! Et Mercy va devoir se faire de plus en plus pressant auprès d'elle pour qu'elle « emploie son pouvoir » auprès de son époux afin qu’il modifie sa décision. Ce n'est que le 20 Mars, plus de deux mois après la décision du roi, que la Reine se laisse enfin convaincre d'agir pour le compte de sa mère : elle réunit les deux Ministres Vergennes et Maurepas et rend compte de sa démarche, dès le lendemain, à Marie-Thérèse :

 

« ... Ils m'ont fort bien répondu sur l'Alliance et m'y paraissent véritablement attachés; mais ils ont tant de peur d'une guerre de terre que, quand je les ai poussés jusqu'au point où le Roi de Prusse aurait commencé les hostilités, je n'ai pu avoir de réponse bien nette.... » (1)

 

    La reine n'obtient pas de réponse bien nette.. Et pour cause !.. Maurepas lui-même met en garde le roi contre les interventions occultes de Marie-Antoinette dans la politique étrangère de la France. Louis XVI*, qui ne sait pas refuser grand chose à son épouse, lui dit confidentiellement qu'il a décidé en Conseil une intervention de la France au cas où les Pays-Bas seraient attaqués. Mais les ministres veillent et Mercy continue à transmettre à la reine des messages de son frère de plus en plus pressants. Le 16 Mai 1778, Marie-Antoinette écrit longuement à sa mère pour lui faire un compte rendu de la situation :

 

« Je m'afflige seulement de ne pouvoir entrer moi-même dans l'esprit de tous ces ministres, pour leur faire comprendre que tout ce qu'on a fait et demandé à Vienne est juste et raisonnable : mais malheureusement, il n'y a pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre, et au reste ils ont tant de mots et de phrases qui ne signifient rien qu'ils sont déjà étourdis avant que de dire une chose raisonnable. J'userai d'un moyen, c'est de leur parler tous deux (2) devant le roi, pour obtenir du moins qu'ils tiennent un langage convenable dans ce moment-ci avec le roi de Prusse; et en vérité c'est pour la gloire même du roi que je le désire; car il ne peut que gagner à soutenir des alliés qui lui doivent être si chers de toute manière (...) C'est la faiblesse affreuse de ses ministres et la grande méfiance qu'il a en lui-même qui fait tout le mal, et je suis sûre que si jamais il ne prend conseil que de lui-même, on verra son honnêteté, la justesse et le tact qu'il a et qu'on est assurément bien loin de juger à présent... » (3)

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE  (10/35)

 

Frédéric II de Prusse

 

 

    Maintenant qu’elle a bien compris les risques encourus par son pays natal, Marie-Antoinette est totalement acquise à la cause de l'Autriche et pourtant elle ne parviendra pas à faire prendre au roi les décisions qu'elle souhaiterait qu'il prenne. Les efforts diplomatiques vont se déployer, sans succès,  pendant tout le printemps 1778. Le 7 Juillet, la guerre est déclarée entre la Prusse et l'Autriche. Marie-Thérèse s'affole d'autant plus que, dès le déclenchement des hostilités, l'armée autrichienne doit déjà battre en retraite. Elle fait alors parvenir à sa fille un message désespéré : « Sauvez votre maison et votre frère..! »

    Emue par cet appel au secours, Marie-Antoinette décide un nouvel assaut auprès du Roi. Elle possède maintenant un atout majeur pour amener son époux à céder à sa demande : sa grossesse est officielle depuis le mois de Mai. Le couple royal attend enfin un enfant ! Comment Louis XVI* pourrait-il refuser quelque chose à la femme qui, peut-être, porte en son sein l’héritier du trône ? Il cède donc à la requête de son épouse et la France offre sa médiation dans l'affaire de Bohème qui aboutira, après de longs mois, à la paix de Teschen.(4)

 

    Pour l’heure, Marie-Antoinette a le sentiment qu’elle a fait tout ce qu’elle pouvait faire pour son pays et pour son frère. Elle peut maintenant se consacrer entièrement à l'enfant qu'elle porte. Le 19 Décembre 1778, la Reine de France accouche de son premier enfant : c'est une fille.

 

« Un fils eut plus particulièrement appartenu à l'Etat. Vous serez à moi; vous aurez tous mes soins; vous partagerez mon bonheur et vous adoucirez mes peines.. » (5)

 

Ce sont les mots que la reine chuchote tendrement à l'oreille de sa fille. Marie-Antoinette est au comble du bonheur !

    L'enfant est baptisée le jour même. Elle reçoit les prénoms de Marie-Thérèse-Charlotte et on l'appellera, conformément aux règles en usage à la Cour de France : "Madame fille du Roi". Dès les premiers jours, Marie-Antoinette qui éprouve toujours autant d'aversion pour l'étiquette, donnera à sa fille un surnom charmant : "Mousseline" .

    Paris est en liesse pour célébrer l'événement.

 

 

 

 

 

 

 

(1)   Lettre de Marie-Antoinette à Marie-Thérèse du 21 Mars 1778

        Cité par André CASTELOT  "Marie-Antoinette"  op. cit. Pages 171-172

 

(2)   Il s'agit des deux ministres Vergennes et Maurepas.

 

(3)   "Correspondance entre Marie-Thérèse et Marie-Antoinette publiée avec une introduction et des notes du Chevalier d'Arneth par A. Geffroy" Tome III page 200-201

Cité par Evelyne LEVER  "Marie-Antoinette"  op. cit. Pages 234-235

 

(4)   La paix de Teschen sera signée le 13 Mai 1779

 

(5)   cité par Jean CHALON  "Chère Marie-Antoinette"  op. cit. Page 151.

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE :

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE  (11/35)

 

LA PRESSION DES POLIGNAC : DECEMBRE 1778 – JUIN 1780

   

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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