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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 09:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (6/35)

 

Louis XV, Roi de France

 

 

 

 

L'EPOUSE INSATISFAITE : 1773 - 1774

 

 

 

 

 

    Si Marie-Antoinette connaît des moments de bonheur intense, et l'accueil de Paris a été l'un de ceux là, elle n'en reste pas moins en prise avec ses difficultés d'ordre conjugal. Certes le couple semble en parfaite harmonie : la Dauphine éprouve de plus en plus d'estime et même d'affection pour cet époux sur qui elle est en train de prendre un ascendant qui ne cessera de croître. Louis-Auguste, lui aussi, l'aime tendrement et tient à lui témoigner cet amour en accédant à ses moindres désirs. Chaque fois qu'un nuage viendra assombrir leur union, chaque fois qu'on viendra rapporter au Dauphin les extravagances ou les caprices de sa jeune épouse, chaque fois, Louis-Auguste apportera son soutien inconditionnel à Marie-Antoinette. Et Dieu sait que ces occasions ne vont pas manquer !

    Et pourtant, ce jeune homme amoureux ne peut se résoudre à délaisser, au moins de temps en temps, ses passions que sont la chasse, la serrurerie et les travaux de bâtiment en tout genre. Il passe de longues journées en compagnie des ouvriers du château, travaille d'arrache pied et revient le soir dans un tel état d'épuisement qu'il fait peine à voir ! Bien sûr, les occupations du Dauphin sont connues de tous ; nombreux sont ceux qui s'en étonnent ou même qui en sourient. Mercy-Argenteau en rend compte minutieusement à l'Impératrice dans les courriers qu'il adresse quotidiennement à Vienne :

 

« Tout l'ascendant qu'elle (Marie-Antoinette) a sur Monsieur le Dauphin n'a pu encore détourner ce jeune prince de son goût extraordinaire pour tout ce qui est ouvrage de bâtiment comme maçonnerie, menuiserie et autres de ce genre. »

« Il a toujours quelque chose de nouveau à faire arranger dans l'intérieur de ses appartements ; il travaille lui-même à remuer les matériaux, des poutres, des pavés, et se livrant des heures entières à ce pénible exercice, il en revient quelques fois plus fatigué que ne le serait un manœuvre obligé à remplir ce travail. J'ai vu en dernier lieu Madame la Dauphine excessivement impatiente et chagrinée de cette conduite…. »  (1)

 

    Malgré le désir qu'il éprouve maintenant pour Marie-Antoinette, Louis-Auguste ne parvient toujours pas à la posséder totalement. Les tentatives infructueuses dureront jusqu'en 1777.

    Au printemps 1774, Marie-Antoinette a dix-neuf ans. Elle est, on l'imagine aisément, insatisfaite de sa condition d'épouse mais son insatisfaction va grandissante car elle éprouve maintenant un nouveau désir : celui d'être mère.

    Il semble qu'une intervention chirurgicale bénigne suffirait à Louis-Auguste pour régler son problème. Mais il ne se résout toujours pas, malgré les conseils de son médecin, à affronter le bistouri qui lui permettrait d'avoir enfin des relations conjugales normales. De nombreux examens médicaux ont abouti au même diagnostic qui sera d'ailleurs consigné dans un rapport secret, connu quelque temps plus tard, et qui explique le peu d'empressement manifesté par le futur roi envers sa jeune et désirable épouse :

 

«  Les uns disent que le frein comprime tellement le prépuce qu'il ne se relâche pas au moment de l'introduction et lui cause une douleur vive qui oblige Sa Majesté à modérer l'impulsion nécessaire à l'accomplissement de l'acte. D'autres supposent que ledit prépuce est si adhérent qu'il ne peut se relâcher assez pour permettre la sortie de l'extrémité pénienne ce qui empêche l'érection complète de se produire. »  (2)

 

   Même si au moins deux hypothèses ont cours, le corps médical a cependant la certitude que c'est bien " là " que se situe le problème ! Louis-Auguste souffre de cette situation. Pour tenter de se faire pardonner, il comble son épouse de cadeaux, va au devant de tous ses désirs, et compte sur le temps pour arranger tout le reste !

    Cette année 1774 va pourtant être, pour ce couple, qui n'en est pas vraiment un, une année décisive.

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (6/35)

 

La mort de Louis XV

 

 

    Pour Marie-Antoinette tout d'abord qui prend l'habitude de s'étourdir dans des bals et des festivités de toutes natures. La Dauphine a pris de l'assurance ; elle a compris que son royal époux n'avait rien à lui refuser. Elle a donc décidé d'abandonner la vie austère, la compagnie de ses tantes au profit de ses plaisirs. Le 10 Janvier, elle reçoit à son bal le Comte Axel de Fersen (3) qui va jouer, quelques années plus tard, un rôle si important dans la vie de la reine de France. Certains ont cru voir, dans cette première rencontre, le commencement d'une idylle entre le beau suédois et la Dauphine. Aucun témoignage n'a pu confirmer cette hypothèse ; il semblerait que Marie-Antoinette ait à peine remarqué, ce jour-là, le jeune officier qui ne réapparaîtra à la Cour que quatre années plus tard...

 

    L'année est également décisive pour le Dauphin. Elle a commencé dans la joie et les fêtes : les bals se succèdent ; l'opéra voit le triomphe de l'Iphigénie de Gluck, ancien professeur de clavecin de Marie-Antoinette. Tout ce qui enchante la Dauphine est un réel plaisir pour Louis-Auguste. Mais ce tourbillon est brusquement interrompu, le 11 Mai 1774, par la mort du Roi Louis XV terrassé par la petite vérole.

 

    Apprenant la mort du Roi, Louis-Auguste et Marie-Antoinette se jettent dans les bras l'un de l'autre et le Dauphin s'écrie :

 

«  Mon Dieu, gardez-nous ! Protégez-nous ! Nous régnons trop jeunes ! »

 

    Quelques jours plus tard, Marie-Antoinette prend la plume pour écrire à sa mère :

 

« Madame, ma très chère mère, Mercy vous aura mandé les circonstances de notre malheur ; heureusement cette cruelle maladie a laissé au roi (le défunt Louis XV) la tête présente jusqu’au dernier moment, et sa fin a été fort édifiante. Le nouveau roi paraît avoir le cœur de ses peuples ; deux jours avant la mort de son grand-père il a fait distribuer deux cent mille francs aux pauvres, ce qui a fait le plus grand effet. Depuis la mort, il ne cesse de travailler et de répondre de sa main aux ministres qu’il ne peut pas encore voir, (4)  et à beaucoup d’autres lettres.

« Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il a le goût de l’économie et le plus grand désir de rendre ses peuples heureux.

« En tout il a autant d’envie que de besoin de s’instruire, j’espère que Dieu bénira sa bonne volonté… » (5)

 

    A Vienne, on n’a pas attendu les commentaires de la nouvelle reine de France. Marie-Thérèse qui, fidèle à ses habitudes ne perd pas de temps, a déjà donné des consignes de vigilance à son ambassadeur Mercy-Argenteau. Et ce dernier s’était préparé, depuis plusieurs mois déjà, à l’éventualité de la mort du roi de France. Son plan est parfaitement clair. Il faut que Marie-Antoinette « . commence à s’emparer de l’autorité que M. le Dauphin n’exercera jamais que d’une façon précaire… » Rappelait-il avant même que Louis XV ait rendu son dernier soupir. Il demande maintenant expressément à sa souveraine de bien vouloir rappeler à sa fille ses nouveaux devoirs !…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Cité par Sabine FLAISSIER  « Marie-Antoinette en Accusation »  op. cit. page 54.

 

(2)   Cité par Claude DUFRESNE  « Le Cœur de la Reine »  op. cit. Page 41.

 

(3)   Axel de FERSEN : Né à Stockholm le 4 Septembre 1755. Il vient servir en France comme jeune officier et se distingue en Amérique sous les ordres de Rochambeau.

Il tombera éperdument amoureux de la Reine et essaiera, jusqu'au bout, de la sauver. Rentré en Suède, il sera accusé sans preuve, d'avoir empoisonné le prince héritier et sera massacré par la foule le jour des obsèques de ce dernier.

 

(4)  A cause de la quarantaine qui a été décrétée.

 

(5)  Cité par Georges BORDONOVE  « Les Rois qui ont fait l’Histoire : Louis XVI, le Roi Martyr »  Editions Marabout, Paris, 1989, page 47.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE :

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (7/35)

 

L’INSOUCIANTE REINE DE VINGT ANS : 1774 – 1775

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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