Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 08:00
LEGISLATIVES EN BIRMANIE : LA JUNTE MILITAIRE CONTRE LA MAREE ROUGE DE AUNG SAN SUU KYI

 

L’ex-dictature militaire en Birmanie va vivre dimanche 8 novembre ses premières élections libres depuis vingt-cinq ans. Le parti du Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi espère remporter le plus grand nombre de sièges au Parlement.

 

Aung San Suu Kyi a présidé son dernier meeting de campagne dimanche 1er novembre dernier. Il n'a pas eu lieu dans le parc du Peuple, lieu symbolique de Rangoun, capitale économique du pays où, en 1988, elle avait annoncé son entrée en politique. Le Prix Nobel de la paix n'a pas obtenu d'autorisation. L'ex-junte au pouvoir lui aura mis des bâtons dans les roues jusqu'à la fin. Mais dans les rues de Rangoun, le rouge des supporters de la démocratie l'emporte de loin sur le vert du drapeau du parti de l'ancienne junte. Si l'icône de la démocratie ne pourra être élue présidente – la faute à une loi constitutionnelle faite sur mesure –, son visage est partout et concentre à lui seul tous les espoirs des Birmans. "Je soutiens Aung San Suu Kyi depuis plus de trente ans", s'enflamme Ma Hye Nie, une électrice de 50 ans. "Elle est tout pour moi, elle est parfaite. Il n'y a qu'elle et la Ligue nationale pour la démocratie (LND) qui puissent permettre à la Birmanie de changer." Pour clore la campagne en beauté avant le scrutin du 8 novembre, militants et candidats recouvrent les rues, les voitures et les enfants d'autocollants rouge et or du parti démocrate.

 

Les milices tiennent les campagnes

Une campagne réussie mais qui n'a pas été facile. La LND n'a pas toujours été bien reçue, notamment par le Ma Ba Tha, groupuscule de moines bouddhistes nationalistes soutenus par le gouvernement. Il y a quelques jours, un candidat LND a reçu un coup de machette en pleine rue. Dans certaines régions, des milices pro-gouvernement ont effrayé et découragé les habitants de se rendre aux meetings des démocrates. Si l'électorat urbain est acquis à la cause de la LND, les candidats restent mesurés dans les régions reculées. "En ville, les élections sont plus libres, personne n'a peur de s'exprimer. Mais en zone rurale, on sait très bien que les conditions sont bien plus difficiles", explique Khin Moh Moh Aung, 30 ans, l'une des plus jeunes candidates du parti. Sans oublier les zones noires, inaccessibles, celles où il n'y aura pas d'élections, car l'armée et les groupes ethniques y sont toujours en conflit.

 

Bourrage d'urnes et "morts votants"

Le parti de l'ex-junte au pouvoir, le PUSD (Parti de l'union pour la solidarité et le développement), et les militaires n'ont pas toujours joué le jeu. "Des candidats du PUSD ont envoyé l'armée faire peur aux habitants. D'autres ont tenté de corrompre leur électorat en installant des antennes satellites dans des villages, en distribuant de l'argent et de la nourriture", raconte Kyaw Thin Aung, activiste et expert en politique. Aux dernières élections déjà, l'armée pratiquait le bourrage d'urnes et faisait voter les morts. Doté d'une administration puissante, le PUSD a vite tendance à utiliser les moyens de l'État pour sa campagne. Beaucoup de villageois attendent encore l'électricité promise par les candidats PUSD aux dernières législatives. Pourtant dans tout le pays, les affiches électorales de l'ex-junte tentent de convaincre les électeurs avec le slogan piteux : "Nous avons changé".

La commission électorale est issue du parti au pouvoir, mais la présence d'observateurs internationaux rassure ceux qui espèrent un bon déroulement des élections. "Si les élections sont libres et démocratiques, la LND va gagner", confie au JDD Khin Maung Aye, le chef de la sécurité de la campagne du parti démocrate. Très confiant, il ajoute : "Même là où la population craint toujours de parler de politique, partout où Aung San Suu Kyi est passée, les électeurs sont venus."

 

Un quart des sièges revient aux militaires

À quelques jours du scrutin, il y a peu de doutes à avoir sur la victoire de l'opposition démocratique. La seule incertitude réside dans son ampleur. Le PUSD, fort de quarante ans d'expérience, divise pour mieux régner : sur les quatre-vingt-douze partis en lice, beaucoup sont des alliés de la junte. Mais même en cas de triomphe de l'opposition démocratique, l'armée ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Un très bon score de la LND ne suffira pas pour réformer l'ancienne dictature militaire. "Quand on me demande combien de votes je veux, je réponds que je les veux tous", s'est exclamée l'opposante birmane lors du premier meeting de sa tournée dans le pays. Le problème est bien là : une majorité au Parlement birman suffit pour nommer un gouvernement, mais pas pour changer la Constitution en vigueur, rédigée en 2008 par l'armée. Au Parlement, 25% des sièges sont réservés aux militaires.

 

Mission quasi impossible

Les électeurs birmans ne votent donc pour élire que 75% du Parlement seulement. Or pour entamer toute réforme constitutionnelle, 75% des parlementaires doivent y être favorables. La LND doit donc obtenir tous les sièges disponibles pour changer le pays en démocratie, ce qui est loin d'être évident. Le chef des armées, Min Aung Hlaing, explique que, victoire de la LND ou pas, il faudra "dix ou vingt ans avant que l'armée s'écarte du pouvoir". L'état-major recommande donc aux électeurs de voter pour un candidat "décent et avec de l'expérience en politique". Et le très haut gradé d'assurer : "Aucun coup d'État n'est prévu. Le résultat des élections sera respecté coûte que coûte." Protégée par la Constitution qu'elle a écrite, l'armée est tranquille pour un moment. La Birmanie, elle, s'apprête à entrer pour la première fois depuis un quart de siècle en cohabitation, et rien ne dit que celle-ci se déroulera sans heurts.

 

Source : leJDD.fr 07-11-2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by jp echavidre - dans Le MONDE en marche..
commenter cet article

commentaires

Le pédagogue 08/11/2015 19:59

Le pédagogue (12 juillet 2012) :

Le massacre des des musulmans en Birmanie ne soulève pas « l’indignation ».
Les « spécialistes » des « droits de l’homme » et de la « démocratie », ne considèrent pas comme agressions ce qui est entrepris contre les croyants et les croyantes.
En Birmanie, les horreurs dans laquelle survit la population attachée à l’Islaam, n’alarment pas « les défenseurs de la liberté » dont beaucoup applaudissent plutôt les assassins parce qu’ « ils participent à la protection du monde contre le péril islamiste », et « contribuent à préserver la paix universelle » !
Les imposteurs, à l’œuvre depuis des lustres, ont toujours usé d’une diarrhée verbale concernant leurs crimes.
Des mots qui alimentent, entretiennent le faux, et continuent de faire jouir les applaudisseurs !
La désinformation bat son plein.
Des commentateurs et tateuses, collaborateurs et rateuses, salariés de magnats de médias dont ils exécutent les ordres, déversent encore et toujours leurs ordures, des mots salis, enlaidis, abîmés, falsifiés, contaminés, détournés, souillés, trahis, dénaturés, pourris, nauséabonds pour grossir le flot des maux qui dégoulinent de partout, entretenir les ténèbres, la Conne science universelle, en ignorant la lutte que mènent des populations musulmanes partout, contre l’asservissement.
La Birmanie pour les médias c’est Aung San Suu Kyi.
Lauréate du « prix Nobel de la paix » en 1991, décorée pour son action en faveur des « droits de l’homme » et de la « démocratie », membre du « parlement » de son pays après des années en résidence surveillée, elle est reçue et fêtée par divers pays « démocratiques », avec « tous les honneurs » !
Cette femme « symbole de l’opposition à la dictature militaire », n’a jamais rien dit sur l’horrible condition de plus de 800.000 personnes, considérées comme des déchets en Birmanie.
Pas un seul mot sur les agressions qui n’ont jamais cessé contre ces personnes.
Les croyants et les croyantes n’oublient pas, n’oublieront jamais et leur résistance en Birmanie et ailleurs continuera, avec l’aide d’Allaah, jusqu’à la fin de l’existence ici-bas.

Présentation

  • : VICTOR ASSOCIATION
  • VICTOR ASSOCIATION
  • : Le BLOG de Jean-Pierre ECHAVIDRE, Président de VICTOR ASSOCIATION Association d'information et de défense des intérêts des habitants de MONTESQUIEU-VOLVESTRE
  • Contact

Texte Libre

L'objet de ce blog est d'apporter aux habitants de Montesquieu-Volvestre une information régulière sur la vie de la cité, et de décrypter l'essentiel de l'actualité. Mais il a aussi pour but d'ouvrir un dialogue,  de discuter, de contester, ou de râler au besoin. Il faut que nous retrouvions dans notre village une convivialité, une solidarité qui sont en train de se perdre.

Rechercher

Pages

Liens