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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 11:21
GRECE : POURQUOI LES NEGOCIATIONS N’AVANCENT PAS ?...

 

Ce week-end comme ces quatre derniers mois, la Grèce n’est pas parvenue à conclure un accord avec ses principaux créanciers pour obtenir les milliards qui lui manquent afin de payer ses échéances. Philippe Martin, professeur au département d’économie de Sciences Po, détaille dans le  JDD.fr les exigences de chacun.

 

Le 30 juin prochain, la Grèce va devoir rembourser 1,6 million d’euros au FMI. Une somme qu’elle ne pourra probablement pas sortir de ses caisses sans toucher la dernière échéance de son plan d’aide et qui commence sérieusement à inquiéter les dirigeants européens. Lundi 15 juin, François Hollande, qui a rencontré le Premier ministre grec Alexis Tsipras avec la chancelière allemande Angela Merkel la semaine dernière, a invité "à reprendre le plus vite possible les négociations" après l’échec de ce week-end. Mais pour obtenir ces milliards, la Grèce doit s’engager sur un programme de réformes qui convient à ses trois principaux créanciers (FMI, BCE et l’Union Européenne). Les négociations entre le gouvernement grec d’Alexis Tsipras et l’ex-Troïka (l’ancien surnom des trois créanciers) butent sur de nombreux points et même entre les trois institutions les positions peuvent diverger.

 

Le FMI : intransigeant sur les retraites

"Dernièrement, c’est le FMI qui apparaît le plus dur dans les négociations sur le sujet des réformes", juge Philipe Martin, professeur au département d’économie à Sciences Po. L’institution dirigée par Christine Lagarde "insiste beaucoup sur la question des retraites. Celles-ci représentent 16% du PIB grec alors que la moyenne des pays développés tourne autour de 6%, le FMI voudrait que la Grèce s’engage à descendre à 15%." La question du déficit primaire (déficit sans le paiement des intérêts de la dette) est également centrale dans les exigences du FMI qui souhaite, de concert avec les institutions européennes, que la Grèce soit en excédent budgétaire de 1%. En somme, qu’elle gagne plus qu’elle ne dépense pour réduire sa dette, colossale. Lundi, le gouvernement d’Alexis Tsipras aurait donné son accord pour atteindre ces 1%.

 

L’Union européenne : haro sur la dette

La dette grecque s’élève à 180% de son PIB. Cela signifie que l’Etat grec doit utiliser deux fois la richesse que produit son économie chaque année pour rembourser sa dette. "La vraie différence entre le FMI et l’Union européenne, c’est que le FMI est en faveur d’une restructuration de la dette grecque, soit un effacement partiel", explique Philippe Martin. A l’inverse, l’Eurogroupe, la réunion des ministres des Finances des pays de la zone euro qui dirige les négociations, ne veut pas en entendre parler. Sous l’influence de l’Allemagne, où une restructuration de la dette grecque passerait très mal auprès de l’opinion, les Européens continuent à privilégier l’austérité "qui a déjà été très violente", selon Philippe Martin, plutôt qu’à un effacement, même incomplet, de la dette.

 

La BCE : le pompier-arbitre

"La Banque Centrale Européenne est dans une position inconfortable" estime Philippe Martin. "Aujourd’hui elle permet à la Grèce d’éviter une crise de liquidité en prêtant aux banques hellènes mais si demain le pays se trouve en défaut de paiement, elle ne pourra plus rien pour lui." Il explique qu’au contraire "la BCE reproche aux pays européens de trop lui en demander et de ne pas prendre plus sur eux-mêmes pour éviter le défaut et une implosion du système financier grec".

 

La Grèce joue à la guerre des nerfs

De l’autre côté de la table des négociations, le gouvernement grec joue, lui aussi, la dureté. Elu sur un programme anti-austérité et plus que critique envers les exigences de l’ex-troïka, Alexis Tsipras parie sur le fait que les Européens n’oseront pas laisser la Grèce faire défaut. "Si l’Etat grec ne paye pas ses dettes, il est probable que son système bancaire s’effondre et la Grèce devra sans doute sortir de la zone euro pour pouvoir dévaluer sa monnaie." En plus de perdre les centaines de milliards que doit le pays aux institutions européennes "une sortie de la Grèce aurait des dommages collatéraux considérables sur les autres pays de la zone euro en difficulté qui pourraient être la proie d’attaques spéculatives". Mais le pari est risqué car "la position de la Grèce est moins forte" explique Philippe Martin, "un défaut aurait eu des conséquences bien plus grave il y a 3 ans. Maintenant, l’impact serait plus limité."

 

 

Source : leJDD.fr 16-06-2015

 

 

 

 

 

 

 

 

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