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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 08:00
VENTE DU RAFALE A L’EGYPTE : CINQ RAISONS DE METTRE LES « COCOROCO » EN SOURDINE !....

 

Il est impossible de ne pas se réjouir de la première vente du Rafale à l'export. Ce bijou de technologie réputé invendable a enfin trouvé preneur. Les usines Dassault et bon nombre de ses sous-traitants étaient au bord de la rupture et la commande égyptienne arrive à point nommé. Pour autant, cette transaction avec l'Egypte est un peu particulière et ne présage pas forcément de succès futurs. Explications.

 

1. Un contrat très politique

Jamais un contrat d'armement n'aura été conclu aussi rapidement: trois mois!  Et pour cause, puisqu'il n'y a eu ni appel d'offres, ni mise en compétition du Rafale avec d'autres avions de combat. L'achat par l'Egypte est un acte purement politique et le choix de la France de vendre au Caire ne l'est pas moins: "C'est un signe fort du soutien de la France au régime en place et de sa volonté de contribuer à lui apporter de quoi assurer sa défense", souligne Loïc Tribot La Spière, délégué général du CEPS, un « think thank » spécialisé dans la défense. En clair, Paris s'engage aux côtés du Caire dans la lutte contre Daech et répond, sur le front international, à une urgence politico-diplomatique. Le gouvernement français répond, sur le front intérieur, à une autre urgence, financière celle-ci: d'après la Loi de programmation militaire en cours, à la mi-2016 les livraisons de Rafale à l'armée française devraient s'arrêter et l'export est censé prendre le relais.

Ironie de l'histoire: même si l'Egypte avait été le premier client à l'export du Mirage 2000, en 1981, ce pays n'était pas dans les prospects de Dassault ces deux dernières années. L'avionneur s'était plutôt concentré sur le Brésil, l'Inde, la Suisse, les Emirats Arabes Unis ou encore le Qatar. Et comme l'a raconté le PDG de Dassault Aviation sur RTL ce matin, c'est le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui l'a appelé cet automne en lui disant: "Ecoutez, je crois que l'Egypte a un vrai besoin en matière d'avion de combat et s'intéresse au Rafale".

 

2. Un contrat décroché sans compétition

Il est clair que l'utilisation du Rafale sur des théâtres d'opération au Moyen-Orient depuis plusieurs années maintenant a permis de faire la démonstration grandeur nature de son efficacité. Mais le Rafale, toujours très apprécié par les militaires compte tenu de sa polyvalence, n'aura pas eu, pour cette vente, à passer au travers d'un processus de sélection complexe et rigoureux, et aura échappé aux fourches caudines de l'examen budgétaire par un gouvernement ou un parlement : une aubaine, car c'est son coût d'acquisition et d'exploitation élevé qui lui a fait perdre à plusieurs reprises des contrats face à ses concurrents, dans des pays au processus de sélection ouvert, comme le Brésil ou la Suisse.

 

3. Un financement favorable au client

"On a clairement adapté la structure de l'offre à la capacité financière du client", observe Loïc Tribot La Spière. Pour boucler la vente à un pays dont l'économie est exsangue, l'Etat français a accepté d'engager une garantie Coface sur la moitié environ du montant du contrat (hors acompte, selon les Echos). L'acompte versé lors de la signature du contrat lundi 16 février, ou au plus tard dans les semaines qui suivent, pourrait être de 10-15% du montant total. Le reste du contrat doit être financé par crédit bancaire, auprès d'établissements français. L'engagement financier du pays vendeur est total.

 

4. Pas d'impact sur les commandes

Pour l'avionneur, les trois avions livrés dès cette année à l'Egypte, avant le mois d'août pour qu'ils puissent parader lors de l'inauguration du canal de Suez, seront prélevés sur la production initialement destinée à l'armée française. Il n'y aura donc pas d'augmentation des cadences et onze appareils sortiront de la chaîne de Mérignac cette année, comme les précédentes. Il y aura simplement un effet mécanique de substitution donc par d'impact pour Dassault, ni en termes de chiffre d'affaires ni en termes d'emploi. En revanche, si le contrat avec l'Inde -126 appareils, un chiffre inédit depuis la fin de la guerre froide - était signé cette année, "là, on changerait de dimension", confie-t-on en interne. Et des embauches pourraient être nécessaires.

 

5. Un effet commercial difficile à évaluer

Avoir décroché un premier client à l'export ne peut que doper l'image du Rafale. Pour autant, cela ne signifie pas que les autres clients intéressés par l'appareil vont l'acheter plus vite. "La première vente à l'étranger est une condition nécessaire mais pas suffisante", assure Loïc Tribot La Spière. 

En Inde, seul pays à ce jour avec lequel Dassault est entré en négociations exclusives pour une vente à l'issue d'un appel d'offres, la longueur des négociations, entamées voilà maintenant trois ans, s'explique par le principe du contrat qui prévoit la livraison clés en mains des 18 premiers avions, puis l'assemblage des 108 autres sur place, ce qui suppose des transferts de technologie et un accord sur la responsabilité finale du constructeur. La décision de l'Egypte d'acheter le Rafale ne devrait pas avoir d'impact sur cette discussion très sensible. 

Autre pays intéressé, le Qatar pourrait se décider très vite puisqu'il s'agirait, comme pour l'Egypte, d'un achat sans appel d'offres, en l'occurrence le fait du prince. Mais, selon certains experts, les Qataris risquent d'observer très attentivement les conditions faites à l'Egypte et pourraient en profiter pour tenter de négocier plus avantageusement leur éventuel contrat.

 

Valérie LION l’EXPRESS.fr  13-02-2015

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by jp echavidre - dans FRANCE Economie
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