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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 09:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  ROBESPIERRE (32/50)

 

Massacres dans les prisons – 2, 3 et 4 septembre 1792

 

 

 

 

 

LES MASSACRES DE SEPTEMBRE :

SEPTEMBRE 1792

   

 

 

 

 

    Paris apprend avec stupeur, le 20 Août 1792 que l'ennemi a passé les frontières; Longwy vient d'être pris. Verdun est assiégée. Depuis quelques jours on sait également que la Vendée se soulève de nouveau, à l'instigation du clergé et d'une partie de la noblesse. Le danger semble, subitement, être partout à la fois. Quant à l'Assemblée, elle donne, chaque jour davantage, la preuve de son impuissance.

    L'obsession des patriotes est l'activité des suspects, d'autant plus qu'ils ont le sentiment profond que le pouvoir laisse faire. Dans un sursaut de lucidité, et peut-être aussi parce qu'elle prend peur, l'Assemblée autorise les visites domiciliaires demandées par Danton*. Celles ci entrent en vigueur le 30 Août : 3 000 suspects sont arrêtés et conduits en prison (1); beaucoup n'y resteront d'ailleurs que quelques heures. Dans la fin d'après midi, Robespierre expose les mesures prises pour l'organisation du corps municipal. Sans doute sait-il que ses paroles vont, en quelques heures, faire le tour des sections parisiennes. Il glorifie la Commune pour ses actes de ces derniers jours :

 

« ...Grande et sublime conception sans laquelle l'insurrection se serait écoulée comme un torrent sans laisser aucune trace... »  (2)

 

    Puis il lit, d'un ton solennel, une adresse qui se termine par ces phrases :

 

«  Songez que le courage et l'énergie du peuple peuvent seuls conserver la Liberté. Il est enchaîné dès qu'il s'endort, il est méprisé dès qu'il ne se fait plus craindre, il est vaincu dès qu'il pardonne à ses ennemis avant de les avoir entièrement domptés. » (2)

 

    L'annonce de la prise de Verdun, au matin du 2 Septembre, finit de mettre le peuple de Paris en émoi. Le bruit se répand que les troupes ennemies seront bientôt aux portes de la capitale; la Commune appelle les citoyens aux armes et ordonne de faire forger des piques...

 

    Dans ce climat extrêmement tendu, Robespierre qui ne quitte pratiquement pas le siège de la Commune, entre en conflit avec Pétion, Maire de Paris. Le 1er Septembre, les barrières de la ville, fermées la veille sur son initiative, viennent d'être ouvertes sur ordre de Pétion donnant ainsi l'opportunité aux suspects de fuir la capitale. Le désordre qui règne contribue à la tension dans les Faubourgs.

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  ROBESPIERRE (32/50)

 

Massacres dans les prisons – 2, 3 et 4 septembre 1792

 

 

    Dans l'après midi du 2 Septembre, un groupe de prêtres réfractaires que l'on conduit à la prison de l'Abbaye est massacré par ses gardiens. On chante la Marseillaise dans les rues, on brandit les piques. Puis soudain, un vent de folie souffle sur les faubourgs : des groupes armés se dirigent vers les prisons. Après l'Abbaye, ce sont la Force, la Conciergerie, le Châtelet. On tue, on égorge : des prêtres, des aristocrates, des prisonniers de droit commun. On massacre et l'on trouve justification aux atrocités commises. Dans la nuit du 2 au 3 un commissaire de la Commune déclare que " le peuple exerçant sa vengeance rendait aussi la justice " (3)

 

    Les massacres durent ainsi jusqu'au 6 Septembre sans que l'Assemblée ne fasse rien. Danton*, ministre de la Justice, affiche une totale indifférence vis à vis d'une situation qui semble le dépasser. Lui non plus n'intervient pas, si ce n'est ponctuellement, pour "sauver" quelques amis ou personnalités menacées.(4)

 

    La Commune, quant à elle, dénonce à la vindicte populaire les traîtres, les aristocrates. Brissot, dénoncé par Robespierre et Marat* ne parvient à s'échapper que par miracle, dans la nuit du 3 Septembre, suite à une intervention de Danton* en sa faveur. (5)

 

    Contrairement aux événements du 10 Août, que Robespierre n'avait pas pressentis, les massacres des 2, 3 et 4 Septembre, que l'on dénommera plus tard la "première terreur", sont très largement de sa responsabilité. Lors de ses discours à la Commune le 31 Août et le 1er Septembre, il sait qu'en faisant monter la pression révolutionnaire, le peuple va être amené à se faire justice lui-même. Il sait également que ses discours sont largement relayés et amplifiés par Marat* qui, lui, n'hésite pas à appeler au meurtre. La Commune est, depuis quelques semaines déjà, le seul corps constitué qui ne soit pas paralysé par les hésitations et l'impuissance. Le peuple qui se sent à la fois menacé et trahi n'a aucune hésitation quand il s'agit de suivre les mots d'ordre qui lui indiquent un espoir de salut.

    Tout comme Danton*, Robespierre tentera de nier sa responsabilité dans ces événements tragiques en disant qu'il les craignait depuis fort longtemps. N'avaient-ils pas, tous deux, réclamé l'institution d'un tribunal du peuple pour que ce peuple ait enfin le sentiment que les coupables ne restent pas impunis; pour que le peuple n'ait plus la tentation de faire lui-même sa propre justice !

 

 

    Les conséquences politiques de ces journées d'insurrection de Septembre vont être multiples. Elles apportent au moins deux certitudes, la première est que le conflit entre les Girondins et les Montagnards est maintenant sans issue. La seconde est que le rétablissement de la monarchie est devenu impossible.

 

    Dès le 4 Septembre, les députés expriment le vœu que la Convention nationale abolisse la royauté qui n'avait été que "suspendue" après le 10 Août.

 

    L'idée de la République s'impose maintenant aux esprits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)   Albert SOBOUL "La Révolution française"  op. cit. page 256

 

(2)   cité par Gérard WALTER  "Robespierre" op.  cit.  page 325

 

(3)   cité par Albert SOBOUL  "La Révolution française" op. cit.  page 256

 

(4)   Georges LEFEBVRE dans sa "Révolution française" op. cit. page 264  estime que le nombre de morts à Paris se situe entre 1090 et 1395 soit environ la moitié des prisonniers. 223 prêtres et d'autres "politiques" n'y comptent que pour un quart.

 

(5)   Georges LEFEBVRE  "La Révolution française"  op. cit. page 264

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE :

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : ROBESPIERRE (33/50)

 

OUVERTURE DE LA CONVENTION NATIONALE :

SEPTEMBRE 1792

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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